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13.09.14 - RTS - Sport 1ère Version imprimable Adresse Email

 

RTS / Stéphane Trisconi : Charles Hedrich, Charles Hedrich voulait traverser le Nord-Ouest à la rame en un été, puis en deux, il lui en faudra finalement 3, la glace s’est déjà reformée sur la mer, l’aventurier français sera avec nous, ce sera vers 21h45.

Jingle

RTS / Stéphane Trisconi : on avait rendez-vous ce soir avec Charles Hedrich, l’aventurier sportif qui s’est mis en tête de traverser le passage du Nord-Ouest à la rame sur une distance de 7 100 kms et que l’on suit régulièrement depuis l’an passé sur Sport 1ère. Il devait être avec nous par téléphone satellite depuis l’autre bout du monde et il est assis à côté de nous. Charles Hedrich bonsoir, pourquoi est-ce que vous êtes là ?

Charles Hedrich : Ah bonsoir. Il me reste sur le passage du Nord-Ouest, il me reste un peu moins de 1 000 kms mais il n’y a jamais eu tant de glace que cette année sur la zone qui me reste à faire, je dirais même que ces dernières années, sur cette région, il n’y avait même pas un bout de banquise, et là c’était de la banquise absolument compacte sur 250 kms, donc impossible avec mon rameur de pouvoir passer, il me faut au moins de la glace fracturée, donc un 2e hivernage dans un petit village qui s’appelle Taloyoak, et je terminerais la saison prochaine.

RTS / Stéphane Trisconi : oui ça devait se faire sur un été, sur deux, puis finalement sur 3 étés. Un peu déçu quand même ?

Charles Hedrich : Avec le recul, une saison impossible à la rame, Detroit de Béring, mer de Baffin face au Groenland impossible, par contre j’aurai préféré terminé la saison 2 si on peut dire, maintenant l’essentiel est préservé et se présente très bien. Il faut que j’arrive à boucler ce passage du nord-Ouest e, sauf, évènement extraordinaire, en principe ce devrait être bon la saison prochaine.

RTS / Stéphane Trisconi : bon mais dîtes-moi, on parle de réchauffement climatique et là vous nous dîtes qu’il y a plus de glaces que d’habitude sur le nord-ouest, alors réchauffement climatique ou pas ?

Charles Hedrich : Alors, bon, si on prend l’état de la banquise, il n’y pas de discussion c’est une année absolument record pour ce qui est de la glace, si on demande aux Inuits, ils vont vous dire le réchauffement climatique c’est une invention des occidentaux, ils ont eu un hiver très froid, le précédent également, et comme ils pêchent tous, donc ils mesurent, comme ils font des trous dans la glace pour pêcher, ils mesurent en permanence l’épaisseur de la banquise, ils m’ont dit il n’y en a jamais eu autant cet hiver et ce printemps. Après les scientifiques, les météorologues, les spécialistes des glaces, en fait ils expliquant ça avec des versions, de mon point de vue, assez différentes. Moi, mon sentiment, mais c’est mon sentiment et rien de plus, c’est que le réchauffement climatique est quand même là, même là-haut, et c’est simplement, la raison principale c’est un caractère aléatoire, comme en Suisse on peut avoir un hiver plus ou moins froid

RTS / Stéphane Trisconi : et un été pluvieux

Charles Hedrich : Voilà la raison principale, maintenant certains disent que le fait qu’il y ait eu beaucoup de banquise sur le passage du nord-ouest ça peut être une conséquence du réchauffement climatique, c’est-à-dire le pôle nord, la banquise du pôle, elle elle fond globalement et donc elle dérive sur une partie un peu plus sud, le passage du nord-ouest, elle encombre le passage du nord-ouest, mais ça c’est une versions que certains donnent.

RTS / Stéphane Trisconi : vous avez dit, j’ai discuté avec les Inuits, vous parlez quelle langue avec les Inuits ?

Charles Hedrich : Anglais, même entre eux ils parlent la plupart du temps en anglais. Les jeunes, enfin ça dépend, suivant les villages, les habitudes, les cultures sont pas tout à fait les mêmes. A Taloyoak où mon bateau se trouve, ils parlent anglais, et les jeunes ne parlent qu’anglais.

RTS / Stéphane Trisconi : alors Taloyoak, vous y retournerez l’an prochain pour terminer cette aven ture, il vous reste 20 jours à peu près à naviguer ?

Charles Hedrich : Oui, sur la moyenne depuis le départ, c’est-à-dire 40 kms par jour, il me reste une vingtaine de jours de rame pour vraiment boucler ce passage du nord-ouest.

RTS / Stéphane Trisconi : on reste avec Charles Hedrich qui aime bien la glace lui aussi d’ailleurs, il a ramé dans le nord-ouest, il continuera son aventure l’an prochain il nous l’a dit mais en attendant, il prépare la suivante Charles Hedrich, et la suivante ne sera pas dans les glaces.

Charles Hedrich : Voilà, donc pour le début d’année, à 2 avec Sylvain Bazin, on va essayer d’être les premiers à faire une traversée intégrale du désert de l’Atacama au Chili, et ce désert, sa particularité n°1 c’est le plus sec du monde, le plus aride du monde, pas le plus chaud mais il ne pleut jamais donc il faut qu’on tire une charrette, un traineau à roues, avec au départ 130 litre sd’eau pôur pouvoir tenter notre affaire, 1 000 kms de long.

RTS / Stéphane Trisconi : donc vous avez déjà commencé l’entrainement ?

Charles Hedrich : Bah je suis revenu il y a deux jours du Passage du Nord-Ouest, de l’extrême-nord du Canada, pour ceux qui connaissent aujourd’hui j’étais au col du Tricot, donc c’est une randonnée trés sympa mais rien de difficile, je suis en pleine forme ce soir mais j’ai des courbatures comme si j’avais fait l’ultra trail du Mont Blanc

RTS / Stéphane Trisconi : c’est normal vous étiez assis dans votre bateau à la rame

Charles Hedrich : Donc demain je vais essayer de me lever et puis pour ceux qui connaissent je vais essayer de monter, c’est de la randonnée, au sommet du mont-Joly qui est juste derrière chez moi, 2500 mètres de haut, mais ça va être compliqué.

RTS / Stéphane Trisconi : et puis vous jouez également au tennis on s’en souvient, d’ailleurs vous nous aviez dit que vous étiez bien classé

Charles Hedrich : Bien classé c’est un grand mot

RTS / Stéphane Trisconi : il y a la France qui s’est qualifiée pour la finale de la Coupe Davis, la Suisse est en train d’essayer de se qualifier. France / Susse ce serait magnifique, non ?

Charles Hedrich : Magnifique, ça serait un peu une revanche du mondial de foot.

RTS / Stéphane Trisconi : comment on se prépare pour le désert de l’Atacama, vous avez dit je fais de la randonnée pour l’instant, mais tirer une charrette assez lourde dans un désert sans pluie…

Charles Hedrich : Bah là, contrairement à l’expédition où je suis, je reviens du Passage du Nord-Ouest, j’ai pas besoin, il faut que je sois en pleine forme mais j’ai pas besoin d’être hyper affuté, là c’est exactement l’inverse, c’est beaucoup plus court, l’exercice est beaucoup plus intense, beaucoup plus violent, donc c’est beaucoup de vélo, courses en montagne, footing et exercices similaires, c’est-à-dire trainer un charriot à roues avec beaucoup de poids dedans.

RTS / Stéphane Trisconi : et ensuite, retour sur la glace. Les 2 sont conciliables l’année prochaine ?

Charles Hedrich : Les 2 ne posent pas problème, sur la glace je n’ai pas besoin d’une préparation spécifique, il me reste aujourd’hui une vingtaine de jours de rame pour boucler l’opération.

RTS / Stéphane Trisconi : merci beaucoup Charles Hedrich.

Charles Hedrich : Avec plaisir merci beaucoup.

RTS / Stéphane Trisconi : d’avoir été avec nous en direct dans sport 1ère, c’était la bonne surprise de la soirée.

 

 

 
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