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14.11.14 - Radio Cité Genève - Charles Hedrich Invité du 12/13h Version imprimable Adresse Email

 

 

Gilles Soulhac : notre invité dans notre 12/13h aujourd’hui vous le connaissez certainement car nous l’avons suivi dans ses péripéties, ses aventures alors en bateau, à pied, en montagne un peu partout, c’est Charles Hedrich. Bonjour Charles

Charles Hedrich : Oui, bonjour,

Gilles Soulhac : vous avez la pêche c’est pas possible, à 56 ans il a vraiment la pêche, vous faîtes le tour du Monde, on ne sait jamais où vous êtes, vous avez une boulimie d’aventures depuis maintenant quelques années, depuis

Charles Hedrich : Une dizaine d’années

Gilles Soulhac : 45 ans. Alors on vous a suivi évidemment pour la traversée aller-retour de l’Atlantique à la rame

Charles Hedrich : Bah c’était super

Gilles Soulhac : Ça a marché, toutes les semaines on était avec vous

Charles Hedrich : 145 jours en solo

Gilles Soulhac : vous voyiez des poissons volants, ça s’est bien passé en tout cas. C’est réussi et surtout un record pour vous.

Charles Hedrich : Disons, bah ça ne c’était jamais fait, bah j’ai toujours le record sur l’Atlantique sud.

Gilles Soulhac : ça c’était pas fait donc évidemment c’est le record de base

Charles Hedrich : Dont une première dans le cas présent. 

Gilles Soulhac : vous ne vous arrêtez pas là parce que vous êtes reparti pour le passage du nord-ouest, c’est un passage mythique un petit peu pour tous les navigateurs à cause des conditions climatiques, la glace bien sûr qui gêne ce passage, vous l’avez fait, j’allais dire à la barque, non à la rame

Charles Hedrich : Je l’ai déjà fait à la voile mais donc à la voile c’est fantastique et là je suis en train de le réaliser à la rame

Gilles Soulhac : oui mais là vous êtes dans nos studios donc comment ça se passe parce que c’est un peu compliqué. On vous a suivi un peu au début, donc vous êtes parti je crois du Detroit de Béring

Charles Hedrich : donc il me reste 1000 km pour l’été 2015.

Gilles Soulhac : bon moi j’étais un peu surpris tout de même parce que souvent quand on fait une aventure soit on la termine, soit on la termine pas, on est passé à côté elle est ratée, vous vous y prenez en plusieurs fois parce que vous avez eu des conditions… Comment vous expliquez cela ? Est-ce que c’est un échec, moi j’ai pensé à ça dans un premier temps, ou est-ce que c’est tellement exceptionnel qu’on s’y reprend à plusieurs fois ?

Charles Hedrich : Bon, à la rame de le réaliser d’une seule traite c’est pas possible, 6000 km par rapport à la période où on peut ramer au nord de l’Alaska et à l’extrême-nord du Canada c’est impossible, donc c’était soit 2 saisons, soit 3. Cette année je pensais aller au bout seulement je suis tombé sur une année où il n’y a jamais eu tant de glaces, même pas fondue sur la partie qu’il me restait à faire donc je repars

Gilles Soulhac : au mois d’aout

Charles Hedrich : Et il me reste une vingtaine de jours

Gilles Soulhac : mais pourquoi vous faîtes ça Charles Hedrich, vous avez 56 ans tranquille, vous avez eu une entreprise florissante qui est entré dans le CAC40

Charles Hedrich : Pas le CAC 40

Gilles Soulhac : en bourse, enfin bon en tout cas vous êtes tranquille vous pouvez être à la maison promener votre chien, en voyage avec votre famille tranquille

A Charles Hedrich : lors bon, moi c’est assez particulier, c’est la passion du sport et de la compétition, donc je suis skieur, je suis moniteur de ski, j’ai fait du ski extrême, je joue au tennis mais j’ai tout de suite vu qu’il n’était pas question de Masters, de Roland Garros ou d’US Open

Gilles Soulhac : mais vous auriez voulu le faire plus jeune peut être ?

Charles Hedrich : Ah bah si j’avais eu le talent, si les circonstances de la vie m’aurait permis de le faire ah bah c’était pareil ou gagner le tour de France à vélo, je crois que vous êtes bien placé pour apprécier le sujet

Gilles Soulhac : chut, ça on ne le dit pas…

Charles Hedrich : C’était pareil, bon maintenant j’étais pas doué, par contre quand j’ai vu que sur le terrain de l’endurance et de la rusticité, là j’avais quelques prédispositions

Gilles Soulhac : d’accord, vous avez dit je me lance là, vous avez ouvert une brèche de l’aventure.

Charles Hedrich : Je le dis parce qu’on est 2 si on peut dire, parce qu’il faut faire attention à comme nt ça peut être perçu, je suis sur le terrain de l’aventure par opportunité parce que là j’ai des prédispositions alors que dans d’autres sports j’en ai beaucoup moins.

Gilles Soulhac : ah on comprend mieux, donc ce n’est pas seulement l’aventure et c’est ça qu’on peut remettre en question au 21e siècle avec tous les problèmes qu’on peut découvrir chaque jour, dans les informations, les tensions, l’inquiétude. A quoi cela sert aujourd’hui d’aller sur le terrain de l’aventure puisque les grands aventuriers, Amundsen, …, Herzog, enfin plein d’autres, sont tous liés à la découverte, à la littérature qui a ensuite fleuri ces découvertes qui nous permettait de découvrir des régions avec des grands scientifiques aussi. Aujourd’hui au 21e siècle on n’a plus besoin de ça, il suffit d’envoyer un drone, l’aventure prend une autre forme, vous c’est vraiment la compétition ?

Charles Hedrich : C’est la compétition, ceci dit je suis absolument émerveillé, par exemple le passage du nord-ouest, jamais de toutes les expéditions que j’ai pu faire je n’ai jamais été autant d’aussi près proche de la nature, notamment de la faune, c’est absolument fantastique : baleines, phoques morses, ours blancs, j’ai été soulevé par une baleine, à la voile ça n’arrive pas parce qu’on est moins proche des animaux donc c’est absolument fantastique, et en plus, on n’arrive quand même à sensibiliser à travers ce qu’on fait au réchauffement de la terre, à la fonte de la glace, de la banquise, par exemple la banquise sur la partie qu’il me reste à faire, elle n’a pas fondue, contre toute attente, donc je ramène des images et j’interviens aujourd’hui très souvent dans des collèges, dans des écoles, notamment en Seine-Saint-Denis et c’est un moyen fantastique d’arriver à travers le partage de toutes ces aventures, ces expéditions, de sensibiliser ces jeunes qui à travers un discours on va dire plus académique ne serait pas du tout concerné.

Gilles Soulhac : vous avez expérimenté cela de toute évidence, donc vous êtes aussi avec une association, Respectons la Terre, une collaboration qui permet d’allier votre goût de l’aventure, des records aussi, parce que ce sont souvent des records, c’est le cas, ou des premières de toute évidence, à cette démarche écologique ?

Charles Hedrich : Oui donc de sensibilisation et après on emmène des jeunes sur des terrains d’aventure à leur portée comme le mont blanc ou cet été les dômes de Miage

Gilles Soulhac : enfin vous n’avez quand même pas répondu à ma question Charles Hedrich, aujourd’hui à part au niveau personnel et on peut le comprendre, c’est surtout au niveau personnel qu’on peut vraiment se dire je pars sur cette aventure ou sur celle-là, c’est moins cet impact scientifique ou de découverte qu’il y a eu à une autre époque ou vous pensez que c’est pareil ?

Charles Hedrich : Non, le niveau scientifique est aujourd’hui réduit on ne peut plus découvrir grand-chose, par contre des premières en tout genre on peut, il y a tout un tas de terrains, notamment dans le désert, où il y a tout un tas de choses extraordinaires à faire qui seront des premières.

Gilles Soulhac : et puis vous partez dans des endroits où il y a beaucoup de monde, l’intensité au km² là sur le passage du nord-ouest c’est 1 habitant pour 1 km², même pas, moins que ça ?

Charles Hedrich : Entre deux, je peux vous donner deux trois éléments pour que vous puissiez apprécier, entre deux petits villages 500 km

Gilles Soulhac : ouais donc c’est même pas, on a un habitant au 500 km², et puis, enfin pas tout à fait, et là vous avez le souhait pour le mois de mars de partir sur le désert d’Atacama, c’est entre la Bolivie et le Chili, alors là il n’y a personne dans le désert, donc c’est encore le souhait de se battre soi-même aussi, d’aller au-delà de ses limites ?

Charles Hedrich : Souvent effectivement c’est la question qu’on se pose, pourquoi Federer il a 33 ans il n’a jamais aussi bien joué de sa vie ou à peu près, 17 grands chelems, qu’est-ce qui le motive, je pense pas que ce soit l’argent, c’est la passion ?

Gilles Soulhac : je pense pas que ce soit l’argent quand même, c’est plus facile d’aller gagner autant d’argent que de travailler en usine Charles Hedrich.

Charles Hedrich : Oui mais aujourd’hui je ne sais pas mais je pense qu’il en a quand même, le matin il se lève…

Gilles Soulhac : oui mais là on est dans le spectacle, l’aventure vous êtes seul donc faut pouvoir revenir. Pour vous c’est quand même aussi une sorte de théâtre, de compétition ?

Charles Hedrich : Pour moi, c’est comme ça que je la vis, maintenant je sais très bien que dans mon domaine je suis assez en dehors de la norme, si vous prenez un alpiniste, un himalayiste ou un marin, actuellement la route du Rhum

Gilles Soulhac : il fait que ça

Charles Hedrich : Et vous lui parlez foot ca l’intéresse pas en général parce que c’est pas les mêmes valeurs alors que moi le foot ça me passionne, le tennis ça me passionne, pour moi je suis dans le même registre, c’est pour ça que quand je démarre mon modèle c’est Steve Fossett pour ceux qui connaissent, l’américain, qui a mon avis était un peu comme moi un touche à tout et était passionné par la compétition en tout genre.

Gilles Soulhac : Et puis vous partez donc au mois de mars, on aura l’occasion d’en parler dans un petit instant pour ce désert d’Atacama, 1000 km à pied en autonomie, parce qu’évidemment il y a eu des traversées du désert différentes et variées, vous vous partez avec une petite remorque c’est ça ?

Charles Hedrich : L’Atacama avec une remorque dans la remorque 120 kilos, principalement l’eau parce que la caractéristique du désert de l’Atacama c’est d’être le plus aride du Monde, il n’y a pas d’eau. Il y a même toute une partie du désert où il n’y a jamais plu depuis 10 ans donc il faut évidemment pouvoir, en fait il y a un point d’eau au milieu donc il faut arriver à faire deux fois 500 km en autosuffisance donc on part, on sera deux avec Sylvain Bazin, avec 80 litres d’eau et on recycle notre urine

Gilles Soulhac : vous recyclez votre urine ? Là faut en parler dans un petit instant.

Charles Hedrich : Sur Radio Cité Genève nous parlons sport aventure et compétitions avec Charles Hedrich qui repart dans un petit moment, au mois de mars, pour le désert d’Atacama à pied.

Musique

Gilles Soulhac : Pep’s avec Liberta sur Radio cité Genève, le désir de liberté, l’appel du voyage aussi c’est la thématique de notre 12/13h avec Charles Hedrich qui revient du Passage du nord-ouest à la rame en débutant du Detroit de Béring, passage mythique, dernière partie de ce voyage en août prochain et puis il repart pour le désert de l’Atacama cette fois-ci c’est à pied, en courant, en autonomie complète, on le retrouve immédiatement sur Radio Cité Genève

Jingle

Gilles Soulhac : Charles Hedrich, que dit votre femme de partir comme ça, ça fait 10 ans que vous faîtes le tour de la planète, que vous vous entraînez, vous courez, vous montez, vous ramez, c’est pas possible, qu’est-ce qu’elle dit ?

Charles Hedrich : Alors faudrait lui demander

Gilles Soulhac : on aurait dû lui téléphoner !

Charles Hedrich : Maintenant elle a trouvé

Gilles Soulhac : on l’avait fait Charles quand vous étiez sur l’Atlantique à la rame, on l’avait fait

Charles Hedrich : Voilà donc, bon elle est passionnée comme moi, honnêtement je pense qu’elle a trouvé le moment très très long entre le moment où j’ai commencé et le moment où j’ai commencé à avoir des sponsors, c’est-à-dire elle voyait que l’argent filait, moi je peux le dire j’ai dépensé 4 millions d’euros

Gilles Soulhac : quand même, depuis 10 ans ?

Charles Hedrich : Ah bah jusqu’à, pendant les 7 premières années j’ai pas eu un partenaire, pas un sponsor j’ai tout financé moi-même.

Gilles Soulhac : 4 millions d’euros ?

Charles Hedrich : 4 millions d’euros. Et maintenant depuis 2 ou 3 ans on arrive à peu près à équilibrer, maintenant à ce niveau-là elle souffle.

 Gilles Soulhac : ça pose quand même la question, cette aventure n’est pas accessible à tous de toute évidence ?

Charles Hedrich : Ah bah si on demande à Patricia ma femme, elle, elle était au courant de ma passion bien entendu, et je lui avais toujours dit dès que j’ai les moyens de partir sur cette passion, les moyens financiers, donc j’ai attendu d’avoir vendu ma société, de l’avoir introduite en bourse, de l’avoir vendue, parce que je savais que je n’étais pas crédible sur le terrain des projets, j’avais pas de passé vraiment

Gilles Soulhac : vous vous êtes construit tout seul aussi, c’est le côté positif.

Charles Hedrich : Mais n’étant pas Steve Fossett sur le terrain de l’argent même si j’en ai un petit peu, il fallait qu’à un moment ou à un autre, il fallait avoir suffisamment de crédibilité et d’arguments pour convaincre

Gilles Soulhac : et j’ai l’impression que le passage du nord-ouest à la rame fait la différence, déjà la traversée de l’Atlantique est réussie, j’ai l’impression même au niveau médiatique, moi je vous ai entendu encore ce matin sur un autre média, j’ai l’impression que là vous arrivé à être plus reconnu, non ?

Charles Hedrich : Là là si si, disons là maintenant

Gilles Soulhac : je vous ai rencontré il y a 3 ans c’était plus difficile

Charles Hedrich : Oui oui tout à fait, l’aller-retour de l’Atlantique à la rame

Gilles Soulhac : fait la différence

Charles Hedrich : Fait pas mal la différence et puis on va dire le fait d’être sur tous les terrains du Monde, les gens commencent à réaliser que la passion est là et que les aventures s’ajoutent. Maintenant, pour ce qui est de Patricia ma femme, il y a quand même un terrain avec lequel elle a toujours un petit peu de mal c’est sur la prise de risques. Maintenant, elle arrive bien à relativiser les expéditions où le risque physique est très important et ou, par contre par exemple sur l’Atacama, l’expédition est très difficile

Gilles Soulhac : oui mais c’est pas risqué, vous n’allez pas être attaqué par des tigres

Charles Hedrich : Non, non.

Gilles Soulhac : par contre là justement revenons à ces risques, quand vous êtes sur le passage du nord-ouest il y en a plusieurs, météo déjà qui peuvent être dramatiques on le sait, et puis le risque peut être qui vous retourne, je ne sais pas je vois ça d’ici

Charles Hedrich : Les ours blancs

Gilles Soulhac : les ours blancs

Charles Hedrich : Sur le passage du nord-ouest, l’an dernier, c’est-à-dire détroit de Béring, mer des Tchouktches, même avec le recul, enfin surtout avec le recul, j’ai pris des risques énormes, c’était plus que limite

Gilles Soulhac : par exemple ?

Charles Hedrich : Météo complètement instable, mer démontée, impossible à prévoir en plus, et j’ai un petit bateau en plus qui fait 160 kilos, et il y a pas mal de falaises que j’ai dû suivre le long des côtes avec risque de vent catabatiques qui peuvent monter à 200 km/h, là le risque était phénoménal et en plus absolument pas maîtrisé, sur le partie canadienne

Gilles Soulhac : elle ne nous écoute pas là votre femme

Charles Hedrich : Non. A vrai dire, je n’avais pas trop

Gilles Soulhac : briefé ?

Charles Hedrich : Non, moi-même je ne savais pas trop parce que c’est aussi l’aventure, c’est qu’il y a des choses qu’on apprécie plus ou moins, honnêtement je n’avais pas apprécié que le risque était si grand, par contre cette année le risque était moins grand simplement parce que les dépressions vont- d’est en ouest et je suis maintenant à 4 000 km, donc souvent c’était mer plate, c’était fabuleux

Gilles Soulhac : et les ours ?

Charles Hedrich : Les ours, le danger il est permanent, mais il ne faut pas non plus l’exagérer. Je suis armé, pour ceux qui connaissent, j’ai du 300, une carabine avec du 300. Il y a un seul moment

Gilles Soulhac : le jour mais la nuit

Charles Hedrich : Il n’y a pas de nuit

Gilles Soulhac : ah oui, bah oui, merci pour mon manque de culture de l’avoir précisé

Charles Hedrich : Il n’y a pas de nuit

Gilles Soulhac : ça dépend aussi quand…

Charles Hedrich : En été, c’est tout juillet

Gilles Soulhac : 24h/24h

Charles Hedrich : 24h/24h et non à la fin il y a 2 ou 3 heures de nuit.

Gilles Soulhac : ce n’est pas de la nuit, moi je suis allé aussi dans ces régions c’est quand même dans la pénombre, on n’est plus tout à fait dans un vrai jour, on voit mais ça peut être plus dangereux justement, non ?

Charles Hedrich : Oui, plus dangereux. En fait cette année, j’ai eu un moment où j’étais vraiment inquiet, donc l’histoire est absolument fantastique, je suis en train de ramer, les premiers habitants à 500 km et je vois des fumées comme des fumées d’usine au loin, je me dis ce n’est pas possible. Je me rapproche et en fait c’était une petite île volcanique qui n’était pas sur ma carte avec des fumées qui sortaient de terre, paysage extraordinaire, donc je vais sur la zone, je vois une crique et je tire mon bateau sur la crique, sur le terrain. Je faisais attention mais pas plus que ça, je me retourne, des traces d’ours partout. Alors là énorme danger parce qu’il y avait des mouvements de terrain d’une vingtaine de mètres de haut, là il faut faire, enfin c’est même, surtout seul, danger absolu.

Gilles Soulhac : faut pas le faire

Charles Hedrich : Par contre à un moment sur une passe parce qu’il y a des lagunes j’en compte 16 autour de moi, là le danger est relatif

Gilles Soulhac : 16 ours blancs ?

Charles Hedrich : 16 ours blancs, là le danger est relatif

Gilles Soulhac : il y en a encore beaucoup c’est une bonne nouvelle ça

Charles Hedrich : Il y en a pas mal mais par contre le danger est relatif parce que sur un terrain à découvert on les voit quand  même arrivés

Gilles Soulhac : vous avez le temps… moi vu d’ici ça me stresse un peu les ours mais bon peut être que je me trompe

Charles Hedrich : C’est l’animal le plus dangereux au monde, on dit que c’est le seul animal qui chasse l’homme et moi je l’ai vu, je l’ai vu, un ours me suivre pendant plusieurs jours avec qu’une idée en tête, il me percevait comme un casse-croûte donc

Gilles Soulhac : vous êtes assez grand, pas trop lourd quand même vous êtes assez maigre, ça va pas être un bon casse-croûte. Et les phoques, les tigres des mers, tout ça ?

Charles Hedrich : Alors les phoques

Gilles Soulhac : sur un petit bateau de 160 kilos ?

Charles Hedrich : Alors les phoques aujourd’hui je sais toujours pas, s’il y a quelqu’un qui me donner une indication. J’ai eu à 2 reprises des phoques barbus ça s’appelle qui font 300/400 kilos qui essaient de monter sur le bateau.

Gilles Soulhac : ouais c’est sympathique

Charles Hedrich : Et je ne sais toujours pas si c’était pour s’amuser ou s’il y avait de l’agressivité de leur part.

Gilles Soulhac : je ne suis pas sûr qu’il y ait quelqu’un qui puisse vous répondre là derrière l’antenne, sait-on jamais, quelqu’un qui est allé dans le coin mais en tout cas oui c’est énorme

Charles Hedrich : Très difficile, je filme et on voit 

Gilles Soulhac : dans le détroit de Béring quand on chasse le phoque il y a des attaques sur les bateaux, d’ailleurs après la rupture en 89 avec l’état russe, dans ces régions particulièrement à Uelen les gens ne savaient plus chassés et ce sont fait tués par les phoques qui ont attaqués leur bateau, ils ne s’y attendaient pas

Charles Hedrich : Ah bah voilà vous me donnez une réponse

Gilles Soulhac : ouais bah enfin je ne sais pas si c’est la réponse parce que vous étiez dans une situation particulière

Charles Hedrich : Si, si, si

Gilles Soulhac : là on repart bientôt, hein, pour le désert d’Atacama

Jingle

Gilles Soulhac : autre aventure, 1000 km en autonomie complète, alors moins de dangers parce que pas d’animaux, peu de populations, vous risquez rien il n’y a pas de tribus, pas de trafic de drogues, évidemment ce sont des sujets quand on va en Amérique du sud c’est important

Charles Hedrich : Bien sûr

Gilles Soulhac : avec Mike Horn quand il remontait l’Amazone c’était juste très très délicat. Charles Hedrich, pourquoi cette aventure et ce désert, parce qu’il y a beaucoup de désert, des déserts en Chine, le plus aride aussi effectivement proche de la Mongolie, le désert d’Atacama, bah oui pardon, Atacama je pensais à un autre, pourquoi celui-ci ?

Charles Hedrich : Alors souvent mes choix d’expédition, d’aventures ce sont des opportunités, des circonstances. Je connais très bien Sylvain Bazin qui est sur tous les terrains du Monde, 2h30 sur marathon, et on parle de monter une expédition ensemble et donc il était allé au Tchad traverser un désert, extraordinaire, il me dit le désert t’as jamais fait, si j’avais fait donc beaucoup en moto avec le Dakar moto, la Lybie, paysages extraordinaires, on est parti sur ce projet, on part à 2, et aussi c’est une question d’opportunités, le désert aujourd’hui, ce désert ne s’est jamais traversé en autonomie, il s’est déjà réussi avec ravitaillements, voilà en plus il y a un record à la clé

Gilles Soulhac : c’est quoi la différence avec l’autonomie. Moi j’ai rencontré des gens dans ce désert à une époque avec un petit sac à dos qui venaient en plus du Guatemala donc la traversée du désert n’était qu’une traversée parmi d’autres. Quelle est pour vous la différence, il y a quand même que quelques villages,  il ne faut pas non plus, il y a un village tous les 150 km, qu’est-ce qui fait la différence pour vous avec l’autonomie puisque vous allez en plus vous ballader avec une remorque assez remplie.

Charles Hedrich : C’est donc il faut avoir à la fois la nourriture, l’eau pour aller jusqu’au bout de l’aventure donc ça change pas mal de choses donc

Gilles Soulhac : vous n’êtes pas un sportif de haut niveau dans un domaine, quand vous étiez jeune vous étiez patron d’une grand entreprise qui a bien marché, aujourd’hui vous êtes pour moi un sportif de haut niveau, toit dépend de ce que l’on dit derrière ça, est-ce que à 56 ans on a autant la pêche, est-ce que c’est dans la tête que ça se passe, est-ce qu’au niveau physique il n’y a pas aussi des limites parce qu’en plus c’est de la course à pied, les ligaments, les muscles ça souffre ?

Charles Hedrich : Bon, alors ça dépend des sports. Si on prend la moto je peux toujours faire un Dakar moto mais on va dire je suis on va dire moins performant c’est sûr qu’il y a 10 ans, par contre sur d’autres types de sports type la rame

Gilles Soulhac : c’est de l’endurance pure

Charles Hedrich : C’est de l’endurance à faible intensité, ça se joue beaucoup sur la motivation, l’expérience, la rusticité, c’est-à-dire la capacité

Gilles Soulhac : de la résistance sur du très puissant en peu de temps, il faut vraiment être là toute la journée

Charles Hedrich : Toute la journée, de temps en temps ça peut être 24h de rame quasiment en non-stop après 3 jours à rien faire, bon sur ce terrain-là, pour ce qui me concerne, je suis beaucoup plus fort aujourd’hui qu’il y a 20 ans.

Gilles Soulhac : voilà il fallait le dire, il y a 20 ans aussi vous étiez dans les affaires donc c’était peut-être un peu plus délicat, en tout cas beau passage c’est le cas de dire d’une vie de chef d’entreprise, responsable d’entreprise, qui a quand même investi 4 millions d’euros pour aujourd’hui en être, être reconnu, accepté dans le monde de l’aventure, dans le monde du sport aussi et de la compétition. Charles, et après l’Atacama et le passage du nord-ouest, il y a encore quelque chose dans votre tête c’est sûr, non ?

Charles Hedrich : Bah j’ai 44 projets

Gilles Soulhac : 44 projets ?

Charles Hedrich : 44 dans les tiroirs, je peux vous donner le 44e. J’ai la ferme intention de battre le record de distance sur une heure à vélo

Gilles Soulhac : ah le record de l’heure à vélo des plus de 100 ans ?

Charles Hedrich : Voilà, c’est pour ça que j’en ai 44, parce que j’ai 44 ans pour me préparer.

Gilles Soulhac : là vous m’avez, je crois là vous m’avez vraiment scotché, je vous jure c’est rare Charles Hedrich sur cette histoire, il est incroyable. Rien que de dire ça.

Charles Hedrich : vous connaissez le record aujourd’hui ?

Gilles Soulhac : oui il a été fait il y a quelques temps de ça, on l’ai vu à la télévision.

Charles Hedrich : Il faut faire plus de 27 km

Gilles Soulhac : voilà vous êtes fou Charles Hedrich c’est clair. On peut vous retrouver sur un site Internet, un blog ?

Charles Hedrich : Charles Hedrich ou Respectons la Terre

Gilles Soulhac : et il sera au désert d’Atacama en mars et au paysage du nord-ouest avec les ours ce sera au mois d’août sur Radio Cité Genève

 

 

 
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