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16.02.15 - Radio Cité Genève - L'invité du 12h/13h Version imprimable Adresse Email

 

Radio Cité Genève / Gilles Soulhac : aventure, aventure, quand tu nous tiens. Il est de retour, un jour sur le passage du nord-ouest sur son bateau, un autre jour sur les eaux avec son voilier, ou alors sur le Paris Dakar, l’Everest ou en Atlantique en aller-retour également en bateau. Il se prépare pour le désert d’Atacama, c’est un désert qui se trouve au Chili, la traversée du désert d’Atacama à pied en autonomie complète avec Sylvain Bazin. Charles Hedrich est notre invité, Charles Hedrich repart à l’aventure c’est au mois d’avril prochain, le 2 avril précisément.

Jingle

Radio Cité Genève / Gilles Soulhac : Charles Hedrich bonjour

Charles Hedrich : Oui bonjour

Radio Cité Genève / Gilles Soulhac : j’ai un peu fourché dans la présentation, je ne sais pas où j’étais, pas très précis en tout cas dans tout cela. Vous repartez pour le désert d’Atacama, c’est au Chili, Amérique du sud, à pied

Charles Hedrich : Oui à pied donc en autonomie, 1000 km, caractéristique de l’Atacama c’est le désert le plus aride du monde, ça veut pas dire le plus chaud

Radio Cité Genève / Gilles Soulhac : il pleut jamais

Charles Hedrich : Mais il pleut jamais

Radio Cité Genève / Gilles Soulhac : il pleut jamais, quelle horreur. Alors on va essayer d’être motivé par votre aventure. Vous avez un certain âge, on peut le signaler ?

Charles Hedrich : Oui bah je suis tout jeune, j’ai démarré ma passion d’aujourd’hui les aventures, les expéditions en tout genre, seulement il y a 10 ans

Radio Cité Genève / Gilles Soulhac : 10 ans, 10 ans avec pas mal d’aventures. Vous en avez 100 de prévues. Il y en a combien de réaliser pour l’instant ?

Charles Hedrich : Pour l’instant il y en a 16 de réaliser

Radio Cité Genève / Gilles Soulhac : il en reste donc un grand nombre

Charles Hedrich : C’est un début, il en reste un paquet sur tous les terrains du monde

Radio Cité Genève / Gilles Soulhac : et vous cette aventure c’est vraiment l’appel de la compétition, c’est l’appel du record pour cette traversée du désert d’Atacama ?

Charles Hedrich : Alors là il s’agit d’un record mais tout m’intéresse, quand je cours la Pierra Menta ou l’Ultra Trail du Mont Blanc, je n’ai aucune prétention, si ce n’est de terminer et de terminer correctement mais quand en plus il y a un record ou une première, cerise sur le gâteau, pour moi c’est le paradis.

Radio Cité Genève / Gilles Soulhac : alors qu’est-ce qui vous plait dans tout ça, l’ascension, alors vous êtes allé dans l’Himalaya, vous avez fait l’Everest, le Paris Dakar à moto à l’époque, vous êtes allé au Pôle Nord, vous avez fait un tour du monde à la voile, vous avez traversé aller-retour l’Atlantique, vous avez ce record d’ailleurs à la rame, vous êtes parti, et  vous allez retourner d’ailleurs en été sur le Passage du Nord-ouest donc vous étiez du détroit de Béring, cette fois-ci l’Atacama. Qu’est-ce qui vous motive ? Qu’est-ce qui vous pousse ?

Charles Hedrich : Moi au départ, je peux le dire, je suis sur le terrain des aventures et des expéditions, je le dis parce qu’on est entre nous, par défaut.

Radio Cité Genève / Gilles Soulhac : entre nous et ceux qui nous écoutent

Charles Hedrich : Je dis par défaut dans le sens où bah si j’avais pu gagner le championnat du monde de ski en descente, gagner Roland Garros ou la coupe Davis c’était pareil. Maintenant là j’étais pas bon

Radio Cité Genève / Gilles Soulhac : vous n’étiez pas bon ou vous étiez parti dans une autre direction ? Parce qu’à l’époque vous êtes chef d’entreprise, entrepreneur, vous avez passé votre vie à démarrer, activer et en plus permettre à votre entreprise d’aller à la bourse.

Charles Hedrich : Oui

Radio Cité Genève / Gilles Soulhac : C’était peut-être une autre période de vie aussi ? C’était pas le bon moment ? Vous n’avez pas eu les moyens de le faire ou pas dans une famille où on s’orientait vers la compétition ?

Charles Hedrich : Non non j’étais pas bon parce que le ski, je suis moniteur de ski, c’est donc, mais il y en a d’autres, j’ai fait beaucoup de ski de couloir, de ski extrême, je faisais des choses très difficiles mais il y avait évidemment des gens qui étaient plus forts que moi des Vallençant, des Boivin par exemple, pour ceux qui connaissent. Par contre dès que j’ai vu que sur le terrain de l’endurance et de la rusticité, à l’inverse des sports comme le tennis où il faut de la vitesse, de la détente, là j’avais quelques prédispositions naturelles donc j’ai identifié l’aventure un petit peu sur tous les terrains du monde comme ma discipline mais assis en m’inspirant d’autres comme Steve Fossett ou Mark Horn.

Radio Cité Genève / Gilles Soulhac : voilà les ingrédients sont l’endurance, la rigueur peut-être aussi, les climats, voilà l’Himalaya, là l’Atacama, la mer, et aussi la capacité de tenir aussi un projet dans la distance. Tout cela fait partie des ingrédients indispensables pour vos aventures ?

Charles Hedrich : Bon c’est sûr. D’abord c’est comme dans beaucoup de choses faut aimer ça, faut être motivé. L’endurance c’est sûr que j’ai certainement des qualités naturelles mais sur ce terrain-là il y en a d’autres avec tous les aventuriers, les himalayistes, les marins que j’ai pu côtoyer, il y a des gens qui sont largement aussi forts que moi. Par contre, sur le terrain de la rusticité, c’est quelque chose que j’ai toujours développé, là, tous les gens qui m’ont côtoyé disent «  il sort quand même un peu de l’ordinaire ». Quand je dis rusticité j’entends capacité pour perdre 20 kilos, pour en reprendre 25

Radio Cité Genève / Gilles Soulhac : pour s’adapter à la situation de l’aventure

Charles Hedrich : Voilà

Radio Cité Genève / Gilles Soulhac : dormir n’importe où, être tout seul

Charles Hedrich : Exactement

Radio Cité Genève / Gilles Soulhac : être confronté à des ours blancs… Vous êtes capables ; L’objectif suscite chez vous un tel engouement et une telle motivation que vous êtes capable de supporter quelques difficultés, expériences délicates possibles ?

Charles Hedrich : Exactement

Radio Cité Genève / Gilles Soulhac : Donc là vous partez pour le désert d’Atacama. Comment ça se passe, on se dit « tiens ça n’a pas été fait dans le Guiness des records » ? Comment vous faîtes pour organiser une expédition comme ça, pour vous dire voilà je repars, en plus il y en a une autre qui n’est pas terminée, donc vous partez sur celle-là ?

Charles Hedrich : Souvent c’est des rencontres, des opportunités. Sylvain Bazin qui est journaliste, qui est très très fort sur l’ultra Trail, il vient de terminer il y a 3 jours un ultra-trail extrêmement difficile dans le nord du Tchad, il termine 2e, 180 km en 48h, donc il m’avait suivi sur la   Pierra Menta et l’Ultra Trail du Mont Blanc, et puis en discutant il m’a dit « tiens est-ce que ça t’intéresse de partir à pied pour une expédition dans le désert ? » C’est quelque chose que j’avais jamais fait donc évidemment tout de suite ma réponse a été oui. AU départ on avait pensé à un désert en Afrique, bon aujourd’hui c’est pas tellement possible en fonction des évènements, donc on est partis sur l’Atacama.

Radio Cité Genève / Gilles Soulhac : il y en a quelques-uns des déserts sur la planète effectivement intéressants à traverser. Vous partez avec une petite remorque : 120 kilos ?

Charles Hedrich : Voilà donc la plus grosse difficulté c’est l’eau, on a 4 litres par jour et par personne, chacun une remorque de 120 kilos, sachant qu’il y a un point d’eau naturel bien évidemment à peu près à mi-parcours, avec une oasis avec de l’eau qui revient à la surface de la cordillère des andes donc là on va se ravitailler en eau.

Radio Cité Genève / Gilles Soulhac : vous avez déjà fait une reconnaissance du terrain ?

Charles Hedrich : Il y a 15 jours on était avec Sylvain Bazin sur place, on a reconnu l’intégralité du parcours

Radio Cité Genève / Gilles Soulhac : en voiture

Charles Hedrich : En voiture.

Radio Cité Genève / Gilles Soulhac : et alors ?

Charles Hedrich : Et alors c’est fantastique, des paysages merveilleux

Radio Cité Genève / Gilles Soulhac : ça casse pas un  peu l’aventure de l’avoir reconnu en auto ? Moi je ne pourrais pas, non ? Surprise.

Charles Hedrich : Disons que bon moi la voiture je suis passionné, là c’était du 4x4

Radio Cité Genève / Gilles Soulhac : dans d’autres parcours vous n’avez pas pu faire une reconnaissance, hein, quand il s’agit de traverser l’Atlantique aller-retour, de monter à l’Everest ou de certains passages comme le Nord-Ouest vous ne pouvez pas faire de reconnaissance. Donc là ça ne vous change pas ?

Charles Hedrich : Non non non, moi disons au contraire j’ai trouvé ça fabuleux, on est allé en Bolivie, on a franchi des cols à plus de 4500, donc en plus il fallait absolument reconnaître le parcours et tester notre matériel, notamment

Radio Cité Genève / Gilles Soulhac : la remorque

Charles Hedrich : La remorque

Radio Cité Genève / Gilles Soulhac : on en reparlera de la remorque d’ailleurs, on parlera aussi de l’aventure en ce début du 21e siècle parce que beaucoup d’aventures ont été réalisées. Est-ce que ça intéresse toujours autant ? Vous nous le direz. Le fait d’être passé quinquagénaire, est-ce que cela peut être une petite pigmentation particulière à un âge où on se dit je vais rester tranquillement près de ma piscine, quand on a une piscine évidemment, ou se promener, prendre des vacances, j’ai envie de vous dire le désert d’Atacama c’est aussi sympa au bord de la route et de se dorer un peu la pilule. Vous vous n’avez pas décidé cela et on en reparle dans un petit instant.

Jingle

Radio Cité Genève / Gilles Soulhac : Charles Hedrich est notre invité, il part pour le désert d’Atacama. Plus de 1000 km à pied en autonomie complète, dans un petit instant nous découvrirons son aventure, son matériel et également ses motivations. 

Jingle

Radio Cité Genève / Gilles Soulhac : on the road again il le sera dans quelques semaines, le 2 avril prochain, ce sera un départ au Géant d’Atacama, c’est un lieu touristique, jusqu’à Copiapo, c’est le tout nord du Chili à la frontière péruvienne. C’est Charles Hedrich qui partira à pied en autonomie complète avec Sylvain Bazin, une petite remorque de 120 kilos de matériel, vous avez pris du temps Charles Hedrich pour trouver le matériel adéquat pour traverser le désert d’Atacama ?

Charles Hedrich : Donc j’ai tout essayé, je suis devenu un spécialiste de la brouette par exemple, pas que je poussais mais que je tirais

Radio Cité Genève / Gilles Soulhac : vous vouliez même prendre un club de golf ?

Charles Hedrich : J’ai tout essayé, caddie de golf

Radio Cité Genève / Gilles Soulhac : ça vous fait sourire quand même, ça fait sourire nos auditeurs ça, un caddie de golf pour traverser le désert d’Atacama ?

Charles Hedrich : Mais à vrai dire aujourd’hui, il n’y a pas vraiment de système pour tous les aventuriers qui marchent dans le désert, il n’y a pas de système qui fait vraiment référence ?

Radio Cité Genève / Gilles Soulhac : alors là, moi, si je vois Charles Hedrich entrepreneur, je me dis « là il y a peut être une opportunité, non » ?

Charles Hedrich : Bah on a trouvé un système mais incroyable, mais véritablement incroyable et Sylvain Bazin partage mon point de vue, donc juste avant de partir alors que notre PC Courses était encombré de tout type de matériel, j’ai pensé à ressortir de ma cave le nom technique c’est un buggy de traction, c’est un petit char à voiles

Radio Cité Genève / Gilles Soulhac : avec des roues ?

Charles Hedrich : Avec des roues comme les brouettes

Radio Cité Genève / Gilles Soulhac : c’était pour faire quoi ça, le pôle nord, comme expédition ?

Charles Hedrich : En fait je m’entraînais pour faire du kite ski parce que c’est exactement les mêmes voiles, donc je m’entraînais sur les plages du nord avec ce petit, tout petit char à voiles, buggy de traction mais pour enfants, et puis je l’ai ressorti de la cave et ça marche d’une façon absolument extraordinaire. On arrive pour donner un point de comparaison, il faut savoir que le désert d’Atacama c’est un désert de sable mais c’est quand même du sable relativement compacte, et on arrive à tirer, donc on a 2 bouts de ficelle qu’on attache à notre harnais, et on tire 120 kilos mais avec une facilité très trés grande.

Radio Cité Genève / Gilles Soulhac : parce que là vous revenez du parcours, il y a 15 jours, vous étiez au Chili dans le désert d’Atacama, ce sont des pistes n’est-ce pas ? C’est pas du désert, parce que tout dépend… un auditeur pourrait se dire il traverse un désert avec des dunes, on en est pas là, hein, c’est pas du tout la même chose ?

Charles Hedrich : On est rarement, très rarement sur la piste, la plupart du temps on est en tout terrain mais c’est un tout terrain relativement compacte, il y a des zones avec du sable mou mais elles ne sont pas si grandes que ça

Radio Cité Genève / Gilles Soulhac : ou du sel ?

Charles Hedrich : Ou du sel par endroit, mais là encore c’est du sel, c’est très facile de circuler dessus si on peut dire

Radio Cité Genève / Gilles Soulhac : bien sûr, c’est magnifique d’ailleurs

Charles Hedrich : Ah absolument fabuleux.

Radio Cité Genève / Gilles Soulhac : vous traversez le salar d’Uyuni je crois en Bolivie ?

Charles Hedrich : Non là on reste sur l’Atacama

Radio Cité Genève / Gilles Soulhac : vous avez quelques salar ?

Charles Hedrich : On a quelques salar mais là par contre c’est extrêmement roulant parce que c’est totalement lisse

Radio Cité Genève / Gilles Soulhac : avec des formes hexagonales. Donc un salar c’est un lac ou une mer de sel assez exceptionnel(le). Donc vous partez le 2 février avec votre collègue Sylvain Bazin, 1000 km ou un peu plus parce que pour entrer dans le Guinness des records vous m’avez dit avant de faire cette émission, il faut peut-être qu’on rallonge de 200 ou 300 kilomètres.

Charles Hedrich : Voilà, le désert d’Atacama, comme pas mal de déserts, les frontières sont pas extrêmement définies aussi bien sur les cartes que par le public. Le Guinness nous dit et ça vient de sortir qu’il faudrait peut être qu’on rallonge la distance donc on va décider demain ou après-demain et si c’est pas 1000, on va rajouter 200 km, ça fera 1200 km.

Radio Cité Genève / Gilles Soulhac : alors on parlait d’expéditions et d’aventures de ce 21e siècle, vous en avez à votre actif quelques-unes ces dernières années, on vous avait suivi particulièrement pour l’aller-retour de l’Atlantique à la rame

Charles Hedrich : 145 jours donc

Radio Cité Genève / Gilles Soulhac : tout seul, on vous a suivi pour le passage du nord-ouest aussi qui n’est pas fini en 3 étapes pas facile, depuis le détroit de Béring

Charles Hedrich : Disons le 1er hivernage était impératif, je pouvais pas faire l’intégralité du parcours du passage du nord-ouest en une saison, par contre le 2e absolument pas prévu. Donc pour l’instant j’ai fait 5000 km, 130 jours d’expédition et il me reste 1000 km pour cet été.

Radio Cité Genève / Gilles Soulhac : on se rend compte qu’il y a des aventures qui sont assez simples, ou on réussit ou on manque le but comme celle de la traversée de l’Atacama, vous n’allez pas la faire en 3 fois

Charles Hedrich : Ah non non

Radio Cité Genève / Gilles Soulhac : et il y en a d’autres où il y a les impératifs du climat, de guerre aussi, de situation complexe pour l’Afrique par exemple, donc on est quanhd même dépendant des situations, donc politiques ou climatiques

Charles Hedrich : Donc là sur le passage du nord-ouest la zone, enfin les 1000 km qui me restent n’ont pas du tout dégelés cet été

Radio Cité Genève / Gilles Soulhac : alors on a l’impression dans ce début du 21e siècle je vais pas réussir à poser ma question,

Charles Hedrich : Oui oui

Radio Cité Genève / Gilles Soulhac : j’y reviens Charles quad même, on a l’impression que l’aventure intéresse un peu moins parce que les sujets sont multiples, on est un peu dans ces tensions avec ces attentats dernièrement à Copenhague ou à Paris, on sent que le monde vibre, on sent une certaine angoisse, je pense à l’Ukraine, à la Syrie etc avec aussi ces extrémismes multiples, on sent qu’on n’est pas dans une période de détente comme les années 70, 80, 90 où là l’aventure pouvait toucher des populations, ça nous faisait rêver, on a l’impression aussi que beaucoup d’aventures ont été réalisées. Vous situez comment vous par rapport à ça ?

Charles Hedrich : Moi je pense qu’il y a des tas de choses encore à faire, sachant qu’en plus pour moi l’aventure elle est à la portée de tous en fonction de ses motivations et de ses capacités, par exemple pour ceux qui connaissent la traversée de la Corse, le GR20, c’est de l’aventure, c’est évidemment par une première

Radio Cité Genève / Gilles Soulhac : la traversée de la Gruyère à bicyclette aussi ?

Charles Hedrich : Pareil. Mais par exemple, pour m’entraîner pour l’aller-retour de l’Atlantique à la rame, j’ai descendu la Seine en partant de Paris, donc c’est, et à 20 km du centre de Paris on a l’impression d’être complètement isolé, c’est fantastique.

Radio Cité Genève / Gilles Soulhac : Charles, vous avez 57 ans, je crois aujourd’hui ?

Charles Hedrich : Pas tout à fait

Radio Cité Genève / Gilles Soulhac : 56 ans et demi. Comment on fait ? Parce que là dans ce que vous dîtes c’est assez simple, voilà je prends 3 semaines là, je reviens de là, bon il faut du temps et de moyens, l’aventure c’est une question de moyens, cela fait 10 ans que vous vous battez pour cela, vous avez mis beaucoup d’argent, vous avez beaucoup investi. C’est une question de moyens aujourd’hui l’aventure ?

Charles Hedrich : Evidemment l’aspect financement des opérations est capitale c’est d’ailleurs pour ça que j’ai démarré ma passion d’aujourd’hui seulement, si on peut dire, à 45 ans parce que je n’étais absolument pas crédible. Personne croyait à mon histoire donc pendant 6/7 ans et j’ai eu un seul et gros sponsor c’était moi si on peut dire et maintenant depuis 2/3 ans j’ai une équipe avec moi

Radio Cité Genève / Gilles Soulhac : je dirais même depuis un an parce que vous n’aviez pas beaucoup de médias non plus avant, méfias locaux etc, nous on vous faisait venir parce qu’on vous connaissait, et je vois depuis 2 ans vous êtes dans les grands médias, les gens s’intéressent à votre histoire, on sent qu’il y a eu une bascule ?

Charles Hedrich : Ah bah là oui c’est sûr et donc moi évidemment de pas parler du tout pour moi c’était pas du tout une contrainte, après j’adore communiquer également, parler de ma passion donc c’est un plaisir et puis ça contribue à un toit. Pour mes partenaires, si je reste à vivre comme un ours donc à Saint-Nicolas de Véroce où j’habite face au Mont Blanc ça va pas trop leur plaire donc aujourd’hui c’est une entreprise avec une équipe d’une dizaine de personnes et des partenaires qui comment à s’intéresser et qui me font confiance.

Radio Cité Genève / Gilles Soulhac : vous travaillez également avec une structure environnementale, Respectons la Terre ?

Charles Hedrich : Voilà, notamment auprès d’un public de jeunes, auprès duquel il est très très difficile si on a un discours scolaire d’arriver à faire partager des notions sur l’environnement, sur le réchauffement climatique. Par contre en leur montrant des films sur tous les terrains du monde, en faisant du sport avec eux et en les emmenant.

Radio Cité Genève / Gilles Soulhac : en fait c’est toutes les semaines, vous prenez une journée par semaine à Saint-Denis je crois vous allez voir des jeunes en difficulté ?

Charles Hedrich : Précisément des jeunes complètement déscolarisés à Montreuil, je fais du sport avec eux, avec les animateurs du quartier Bel Air / Grands Pêchers et on en emmène un certain nombre en parallèle de notre expédition dans le désert d’Atacama. Ce sont des jeunes qui ont 17 ans, complètement déscolarisés.

Radio Cité Genève / Gilles Soulhac : Quelle aventure ! Voilà ce rapport aussi social et environnemental. Le 2 avril ce sera votre départ. On peut vous suivre où ?

Charles Hedrich : Sur le site Respectons la Terre et puis dans quelques médias par exemple Radio Nova sur lequel j’ai des chroniques régulièrement.

Radio Cité Genève / Gilles Soulhac : vous aurez un téléphone par satellite ?

Charles Hedrich : Un téléphone par satellite aujourd’hui ça marche partout dans le monde aussi bien qu’un portable donc c’est très très facile d’être en contact.

Radio Cité Genève / Gilles Soulhac : je me rappelle on était en contact toutes les semaines sur la traversée, je ne sais plus laquelle

Charles Hedrich : C’était sur l’aller-retour, 145 jours

Radio Cité Genève / Gilles Soulhac : je m’en rappelle bien effectivement. Vous voyiez passé des poissons volants en direct je m’en rappelle sur l’antenne. Charles Hedrich on vous souhaite bonne chance, bon vent aussi, et vous reviendrez nous parler certainement de cette aventure puisque vous n’êtes pas très loin, évidemment on vous souhaite aussi une bonne camaraderie avec Sylvain Bazin, c’est pas gagné d’être en collaboration à deux ?

Charles Hedrich : C’est aussi très très intéressant donc d’être en équipe, c’est passionnant, en plus on est extrêmement complémentaire, il est 4e espoir français sur marathon donc il court très très vite, en plus même dans la personnalité on a des profils qui sont complètement différents donc c’est très intéressant de vivre ça ensemble.

Radio Cité Genève / Gilles Soulhac : rendez-vous traversée du désert d’Atacama, départ du géant d’Atacama pour aller jusqu’à Copiapo au nord du Chili, départ le 2 avril prochain, 1000 à 1200 km de course à pied en autonomie complète.

 

 

 

 

 

 

 

 

 
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