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30.03.15 - Le Matin Version imprimable Adresse Email

 

 

«EN DIX ANS, J’AI FAI T PLUS QUE TOUT CE QUE J’AI PU RÊVER»

 

EXPÉDITION Jeudi, Charles Hedrich commencera une folle traversée du désert d’Atacama à pied. Rencontre avec un aventurier tout-terrain.

 

Un kilomètre à pied, ça use, ça use… Cet air, Charles Hedrich aura le temps de le chantonner à partir du 2 avril. Ce Français de 56 ans va tenter de traverser le désert d’Atacama (Chili) à pied en solitaire. Au total, c’est plus de 1400 kilomètres qu’il devra parcourir en tirant 120 kilos de vivres et de matériel derrière lui.

 

Pas de quoi décourager Charles Hedrich. Celui qui se présente comme le No 1 du sport aventure en a vu d’autres. L’Everest, le Dakar, l’océan Atlantique à la rame, le Vendée Globe en pirate, la liste de ses exploits est longue. Pourtant, sa carrière dans le domaine a commencé sur le tard. A 45 ans, il vend son entreprise et part à l’aventure. Au sens littéral. «J’ai attendu d’avoir assez

d’argent pour pouvoir me financer moi-même. Parce qu’au départ personne n’y croyait», raconte le Français.

 

Il faut dire que son CV sportif n’a pas toujours été aussi impressionnant. «Je n’ai fait aucun sport pendant près de quinze ans», reconnaît-il sans peine. Mais lui, n’a pas de doute. «Je suis passionné par la compétition et, dans le domaine de l’aventure, je sentais que j’avais quelque chose à faire», explique-t-il. D’ailleurs, au moment de se lancer, sa principale motivation n'est pas la découverte de la nature. «Moi, ce qui m’intéressait, c’était de m’exprimer au meilleur niveau dans un domaine», précise Charles Hedrich.

 

Pour atteindre son objectif, il est prêt à tout. «Ma qualité première c’est «la rusticité». Je suis capable de manger ou boire n’importe quoi, de ne pas dormir pendant 24 heures et de m’adapter très vite à mon milieu », analyse l’aventurier. Des sacrifices qu’il ne regrette pas. «En dix ans, j’ai fait plus que tout ce que j’ai pu rêver.» Et ce n’est sans doute pas fini.

 

Des défis plein la tête

 

Après sa traversée du désert, il ralliera le Grand-Nord canadien pour terminer une autre aventure. Un périple de 6000 kilomètres à la rame. Ensuite, Charles Hedrich aimerait s‘atteler aux courses de chiens de traîneau. Des idées de défis, il en a encore beaucoup d’autres. «Le dernier, c’est de battre le record de l’heure à vélo pour les plus de 100 ans. Mais j’ai encore un peu de temps pour me préparer», rigole-t-il.

 

FABIEN FEISSLI

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LE PÔLE NORD

En 2009, en compagnie d ’Arnaud Tortel, il effectue la traversée entre le pôle Nord et le Groenland sans ravitaillement. 62 jours durant lesquels il a connu sa plus grande frayeur. «La banquise a fondu et c’était l’enfer. Personne ne pouvait venir nous chercher», raconte-t-il. Les deux compagnons construisent donc un radeau de fortune et rament avec leurs pelles à neige.

 

L’ATLANTIQUE

145 jours, 21 heures. Le temps qu’il aura fallu à Charles Hedrich pour faire un aller-retour à la rame sur l’Atlantique. Au total, 11 000 km entre Saint-Pierre-et-Miquelon et la Martinique. Une première mondiale.

 

LE DAKAR

En 2003, le Français participe au Rallye Dakar, qui se déroule encore en Afrique, à moto. «Je n’avais jamais touché une mobylette de ma vie. J’ai passé mon permis moto que quelques mois avant», confie-t-il. Il finira 71e toutes catégories confondues.

 

UN PÉRIPLE DE TROIS ANS

Parti du détroit de Béring en juillet 2013 avec pour objectif la mer de Baffin (Groenland), l’aventurier a ramé plus de 3000 kilomètres avant de se retrouver bloqué par la glace. Il a dû patienter une année pour reprendre les rames. L’été passé, il a fait 2000 kilomètres de plus mais n’a pas pu terminer, la faute à… la glace. Normalement, il devrait boucler son périple cet été.

 

 

 

 

 
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