Français
18.04.15 - RTS - Sport 1ère Version imprimable Adresse Email

 

RTS / Patrick Délétroz : Charles Hedrich bonsoir

 

Charles Hedrich : Oui bonsoir

 

RTS / Patrick Délétroz : oui bonsoir, alors vous avez les salutations de Dider Bovard que vous connaissez aussi ?

 

Charles Hedrich : Oui oui

 

RTS / Patrick Délétroz : oui alors on va aller vite parce que c’est vrai qu’on a un tout petit peu de mal à vous entendre. Charles Hedrich vous êtes quelque part dans le désert de l’Atacama, tout d’abord comment se passe votre périple ?

 

Charles Hedrich : Eh bah pour l’instant on ne peut mieux, je suis à un quart du parcours, précisément je suis dans un petit village, c’est le petit village le plus sec du monde, il s’appelle Quillagua. 200 habitants et il n’y a jamais plu depuis 22 ans et je suis en train de faire le plein d’eau. Je suis en totale autonomie mais je fais le plein d’eau dans un petit, paradoxalement il y a un petit rio qui coule dans ce village qui vient de la cordillère des Andes, et je fais le plein d’eau, je prends 80 litres d’eau pour les prochains 500 kilomètres.

 

RTS / Patrick Délétroz : d’accord. Et bah voilà c’est, c’était prévu ou c’est un petit peu une chance ?

 

Charles Hedrich : Non non non c’était prévu, donc je suis, j’ai reconnu le désert d’Atacama il y a quelques semaines et je connais tous les points d’eau. Sur la première partie je n’avais pas de problèmes d’eau il y avait 4 ou 5 oasis donc ça c’était super mais là on va dire, je suis sur une partie clé du parcours, j’ai plus d’eau pendant 500 kilomètres.

 

RTS / Patrick Délétroz : quelle idée Charles Hedrich, rapidement, de partir à nouveau pour une aventure et une aventure comme celle-là ?

 

Charles Hedrich : Bien moi, à partir du moment où je suis sur une montagne, en mer, sur la banquise, ou dans le désert, tout me plait, et en plus quand il y a un record une première à la clé c’est la cerise sur le gâteau, c’est le cas pour l’instant l’Atacama s’est jamais traversé en autonomie complète. Donc là j’ai un chariot charge maximum 150 kg.

 

RTS / Patrick Délétroz : voilà et le début de votre parcours n’était de loin pas plat, hein, c’est pas le désert comme on l’entend.

 

Charles Hedrich : Alors oui la première partie a été extrêmement compliquée, pas trop prévue parce que je n’avais pas repéré, j’avais reconnu la partie que je vais avoir devant moi mais pas la partie initiale, il y avait des canyons très très profonds avec des montées, aucune possibilité de ne pas descendre dans le canyon, avec des montées type, pour ceux qui connaissent,  pour les suisses qui connaissent, un peu type montée depuis Martigny jusqu’au col des Montets, des pistes, des camions, c’est la Transaméricaine, enfin c’était terrible avec mon chariot chargé au max, ça c’est… maintenant c’est derrière moi, maintenant j’ai devant moi, c’est vallonné mais il n’y a plus de côtes terribles.

 

RTS / Patrick Délétroz : on le disait tout à l’heure avec Didier Bovard, vous partez, là vous marchez là-aussi pour une bonne cause, il y a besoin aussi pour vous aventurier de ne pas être finalement égoïste de penser plus loin, de penser à la planète, de penser à des bonnes causes ?

 

Charles Hedrich : Bon ma motivation n°1 ça reste quand même l’aventure, les expéditions, le meilleur exemple j’ai démarré avec le Dakar moto on ne peut pas dire que ça soit disons, je suis passionné, c’est pas quelque chose qui a une image extraordinaire, par contre ce que j’ai noté c’est qu’à partir du moment où on est en pleine nature à un moment on est forcément touché par l’environnement, par la pollution même visible simplement

 

RTS / Patrick Délétroz : donc forcément par la suite on en parle et on essaie de faire passer le message ?

 

Charles Hedrich : Voilà, bah là par exemple, en parallèle de l’expédition, il y a des jeunes des banlieues qui vont venir faire un 6000 m donc Licancabur dans le désert d’Atacama et c’est des jeunes, bon la pollution, l’écologie tout ça… ce sont des jeunes qui sont déscolarisés, c’est le cadet de leur soucis. A partir du moment où on les met en pleine nature sur des aventures à leur portée, ça va être dirigée par Bernard Muller avec qui j’étais au sommet sur l’Everest, bah très vite, très très vite ils disent une nature propre c’est quand même plus sympa qu’une nature abîmée. Là par exemple Quillagua, je peux faire un lien direct avec l’environnement. Il faut savoir que dans le désert d’Atacama il y a des mines, ces mines polluent gravement les quelques rios, les quelques petits oasis qu’il peut y avoir, et polluent avec des choses pas très sympas type arsenic ou mercure donc là par exemple, cette eau je vais la boire pendant quelques temps mais il ne s’agit pas de la consommer régulièrement pendant des années

 

RTS / Patrick Délétroz : effectivement. Merci beaucoup Charles Hedrich d’avoir passé quelques minutes en notre compagnie, de nous avoir accueilli dans votre désert, votre aventure. On va peut-être, sans doute, vous retrouvez d’ici à la fin de votre traversée du désert d’Atacama. Bonne suite, bonne journée, bonne marche.

 

Charles Hedrich : Bonne journée, non je marche la nuit

 

RTS / Patrick Délétroz : oui il fait trop chaud

 

Charles Hedrich : (rires) bah c’est un plaisir, merci beaucoup à bientôt

 

RTS / Patrick Délétroz : merci beaucoup

 

 

 
< Précédent   Suivant >
 
up
up