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04.05.15 - Radio Cité Genève - Rencontres Version imprimable Adresse Email

 

Radio Cité Genève / Gilles Soulhac : en direct du désert d’Atacama, cela se trouve au Chili précisément pour une traversée en autonomie complète avec un petite équipement à pied, c’est Charles Hedrich. Vous êtes avec nous Charles après 24 jours d’expédition, bonjour à vous

 

Charles Hedrich : Oui bonjour

 

Radio Cité Genève / Gilles Soulhac : vous allez bien ? Comment allez-vous après 24 jours de désert ?

 

Charles Hedrich : Bah à vrai dire je suis en pleine forme, je suis parfaitement acclimaté, adapté à l’environnement, il y a un seul petit obstacle mais je suis en train de le régler on va dire, je me suis fait une entorse il y a 5 jours, donc pendant 2 jours ça a été très très très très compliqué mais là a priori je suis arrivé à stabiliser l’enflure et ça a l’air d’aller à peu près.

 

Radio Cité Genève / Gilles Soulhac : juste un petit obstacle, nous ça nous cela paraît quand même énorme, parce qu’avec une entorse faire combien de kilomètres par jour d’ailleurs ? C’est juste un handicap majeur semble-t-il, non ?

 

Charles Hedrich : Alors bon depuis le départ j’étais à 35 de moyenne. Là quand ça m’est arrivé donc j’ai absolument pas voulu stopper, j’avais la possibilité de stopper parce que j’ai suffisamment de vivres pour faire un stop mais je me suis dit que c’était peut-être pas la bonne technique donc j’ai forcé dessus donc pendant deux jours, très très très très difficile, donc j’ai levé le pied j’étais à 18/19kmp par jour, j’avançais comme un escargot, et j’avais deux traitements en tout et pour tout : 20 cachets d’anti-inflammatoires que j’ai géré au mieux et chaque fois que je m’arrêtais je surélevais ma jambe sur un bidon d’eau donc voilà. A priori là, bon elle est toujours enflée, mais je pense que ça va être bon.

 

Radio Cité Genève / Gilles Soulhac : donc vous êtes à plus de la moitié de votre expédition pour cette traversée en autonomie complète du désert d’Atacama Charles Hedrich. Peut-être un mot aussi sur ce que vous traversez parce que bien sûr un désert c’est le silence mais c’est aussi la beauté, un ciel extraordinaire au Chili on l’imagine, peut-être nous donner des images, à la radio ce n’est pas évident, mais de ce que vous pouvez traverser aussi comme paysage ?

 

Charles Hedrich : Alors bon, le désert je connaissais à travers le Dakar notamment, moi je trouve ça extraordinaire comme paysage, bon la mer c’est pas mal si on fait la comparaison mais c’est souvent relativement on va dire, c’est encore plus varié, en plus là il y a des étendues, je viens de passer 5 jours, aucune trace d’aucune sorte, des couleurs changeantes, des sables blonds par moments avec des terrains un peu plus caillasseux, plus noirs. Par contre aucune vie d’aucune sorte, aucune vie animale et même pas un cactus ou un arbuste et en plus souvent des images un petit peu aux allures de western, parce qu’il y a une voie de chemin de fer que de temps en temps je suivais, mais une voie de chemin de fer désaffectée qui date des années 1900 pour les mines des chiliens et avec de temps en temps quelques stations avec quelques maisons en bois à moitié écroulées et des cimetières avec des croix partout des mineurs chiliens ou des gens qui avaient fait la voie de chemin de fer, donc c’est extraordinaire.

 

Radio Cité Genève / Gilles Soulhac : effectivement, ces mines de cuivre et de bauxite au Chili. Alors le désert c’est la chaleur on l’imagine, en tout cas le rapport à l’eau. Comment cela se passe pour vous parce que vous avez une possibilité de ravitaillement dans le parcours ? Est-ce que vous arrivez à bien gérer tout ce qui touche à cette nécessité de prendre suffisamment de litre d’eau par jour Charles Hedrich ?

 

Charles Hedrich : Alors le dernier ravitaillement que j’ai fait c’est dans un petit village, une oasis qui s’appelle Quillagua, c’est le village le plus sec du monde d’après le Guinness Book et la Nasa, il n’a pas plu depuis 22 ans. A l’intérieur du village, c’est un tout petit oasis au milieu du désert, il y a un tout petit rio toujours en eau, un rio qui vient de la cordillère des Andes et j’ai fait le plein d’eau, précisément j’ai chargé 77 litres d’eau et je calcule ma consommation, maintenant je la calcule plus au quotidien ma consommation d’eau parce que je me suis aperçu que ça servait pas à grand-chose parce que si je m’arrête je vais pas au bout donc je la calcule comme une voiture ou un camion aux 100 km et je peux dire que je consomme précisément actuellement 13/14 litres aux cent d’eau.

 

Radio Cité Genève / Gilles Soulhac : oh là là (rires). Effectivement vaut mieux que ce soit de l’eau Charles.

 

Charles Hedrich : Et dans le sud du pays il y a eu des inondations il y a de ça un mois, un mois et demi, donc les quelques rios qui peuvent exister n’ont jamais été aussi en eau donc là j’ai une partie avec strictement aucun rio de 500 km […] et devant moi je crois que j’ai un point d’eau à 300 km devant moi.

 

Radio Cité Genève / Gilles Soulhac : alors justement que vous reste-t-il à faire Charles Hedrich là en parcours pour ceux qui vous suivent sur Internet ou autre, que vous reste-t-il à faire ?

 

Charles Hedrich : Alors il doit me rester grosso modo, à vrai dire je réfléchis même plus à ça, il doit me rester 500, grosso modo 500/550. En fait, surtout avec mon histoire d’entorse où j’étais, bon il n’y avait pas de danger, enfin si le danger c’était que l’expédition arrête, mais il n’y avait pas de danger physique, on pouvait aller me chercher, mais j’étais mobiliser à 100% sur le fait de gérer le truc donc je me concentrais avant tout sur ma progression journalière et là, j’ai repris le rythme, hier j’ai dû faire 35/37 donc je calcule, il doit me rester sur ce rythme, il me reste allez entre 12, après je peux accélérer le mouvement, entre 12 et 20 jours d’expé. S’il n’y a pas de soucis normalement je vais au bout

 

Radio Cité Genève / Gilles Soulhac : bah oui mais c’est toujours le problème effectivement dans une expédition depuis le temps qu’on vous suit Charles Hedrich on sait qu’il peut toujours y arriver des éléments que vous dépassent. En tout cas, on vous souhaite une bonne continuation sur ce parcours, on vous recontacte dans une dizaine de jours, encore à mi-parcours de cette dernière ligne droite pour vous, puisqu’il vous reste à peu près 500 km de parcours. Le soleil est au rendez-vous tous les jours on l’imagine

 

Charles Hedrich : Alors tous les jours. Très très bizarrement là j’ai eu la très grande surprise parce que j’avais pas regardé un peu ce qui pouvait se passer, j’ai eu 3 nuits avec une humidité on va dire incroyable, j’avais jamais vu ça dans d’autres régions du monde, avec de la brume c’était pas de la pluie mais presque, j’ai pas d’anorak ou de gore-tex j’ai une simple petite veste en duvet et elle était à tordre littéralement, mais à part ça, ces 3 jours, le soleil est là 12h par jour et avec 4 ou 5h de fournaise absolue où il faut stopper

 

Radio Cité Genève / Gilles Soulhac : on imagine avec ce petit village comme vous le disiez où il n’a pas plu depuis 22 ans. Charles Hedrich, on vous retrouve dans une dizaine de jours dans votre expédition en autonomie complète donc en course, à la marche, avec une petite remorque tout simplement, avec votre matériel vous nous en avez déjà parlé, avec vous on fera le point dans une dizaine de jours au Chili dans ce désert d’Atacama, à bientôt

 

Charles Hedrich : A bientôt, c’est un plaisir.

 

 

 

 
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