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27.05.15 - Radio Cité Genève - Le Grand Invité Version imprimable Adresse Email

 

Radio Cité Genève / Gilles Soulhac : Charles Hedrich est notre invité aujourd’hui. Il revient d’une expédition en autonomie complète au travers du désert d’Atacama. Pour la géographie cela se trouve au Chili, c’est le désert le plus aride du monde. Bonjour Charles

 

Charles Hedrich : Oui bonjour

 

Radio Cité Genève / Gilles Soulhac : alors la dernière fois que nous étions avec vous en ligne vous étiez, on était en direct dans le désert d’Atacama, vous aviez un véritable problème physique, vous aviez une entorse, semble-t-il vous avez parcouru les derniers kilomètres, vous les avez avalé. Vous allez nous parler de cette expédition, je vous la rappelle en autonomie complète à pied avec une petite remorque, un petit chariot, qui vous a permis de réaliser cet exploit. Déjà parlez de ce défi pour ceux qui ne m’auraient pas encore entendu parler, rappelez à nos auditeurs quels étaient les défis et ce que cela a été pour vous dans le pratique, c’est-à-dire dans cette traversée

 

Charles Hedrich : Donc le désert de l’Atacama, le plus aride du monde, donc là j’ai parcouru 1300 km en autonomie complète sans ravitaillement, ça n’avait jamais été fait, et donc j’avais un chariot derrière moi qui pesait à son maximum 150 kg avec 40 jours de nourriture, tout le matériel et puis l’eau, l’eau qui est évidemment dans le désert un point très très important, au maximum j’avais 77 litres, enfin 80 litres d’eau on va dire, avec moi.

 

Radio Cité Genève / Gilles Soulhac : voilà. Alors le désert vous connaissez déjà assez bien avec d’autres moyens de locomotion, vous n’êtes pas à votre première expédition, vous en avez beaucoup à votre actif on le sait, on vous a suivi aussi sur Radio Cité Genève, on vous a suivi dernièrement sur le passage du Nord-Ouest à la rame, on vous a suivi aussi sur la traversée de l’Atlantique aller-retour. Cette fois-ci, quelle est la particularité ? Parce que je crois, c’est la première fois que vous faisiez une traversée comme ça à pied d’un désert Charles Hedrich.

 

Charles Hedrich : Oui. Je connaissais un peu le désert, je connaissais ça à travers les rallye-raids aussi bien en voiture qu’en moto, le Dakar en moto, j’avais trouvé ça fabuleux alors traverser la Libye dans sa grande largeur donc c’était extraordinaire, à pied j’avais jamais mené d’expédition bah c’est fantastique, en plus il y a des tas de choses à faire dans tous les déserts du monde, aussi bien en autonomie, et je trouve que l’autonomie, ça me plaît énormément, je trouve que c’est une très très belle idée, que sur des records de vitesse, et en plus, il se trouve que j’ai le gabarit, que j’ai exactement le physique qui convient à ce type d’aventure, c’est-à-dire je suis grand, je mes ure 1.96 m et c’est un avantage terrible pour tracter un chariot, ce qui est également le cas pour les expéditions polaires

 

Radio Cité Genève / Gilles Soulhac : alors le désert c’est aussi le silence, c’est aussi le no man’s land en général, il n’y a pas beaucoup de populations, ce n’est pas forcément ce qui est le plus important pour vous c’est de réaliser ces exploits sportifs, vous avez déjà d’autres idées hein, on en reparlera dans un petit instant. Au départ Charles Hedrich, vous deviez être avec un collaborateur d’une certaine manière, en tout cas un coéquipier, il n’est pas venu au dernier moment pour différentes raisons, le fait d’avoir fait cette traversée en solo, pour vous c’est un plus ? Qu’est-ce que ça vous a apporté ou qu’est-ce qui justement manquait ?

 

Charles Hedrich : Alors un plus non, non non au contraire j’aurais préféré qu’on parte à 2. Bon il a eu un souci familial, pas lui directement, mais il ne pouvait pas quitter la France trop longtemps et bon, maintenant, pour moi le solo, bah j’ai fait pas mal de choses en solo j’ai fait des choses aussi à plusieurs, par exemple une expédition au Pôle Nord avec Arnaud Tortel. C’est ni une motivation, ni une contrainte. Bon voilà je suis parti tout seul, après faut aller au bout, se donner le maximum de chance que l’expédition réussisse, donc voilà j’ai tout de suite basculé sur un mode solo.

 

Radio Cité Genève / Gilles Soulhac : vous aviez bien préparé Charles Hedrich votre expédition, vous étiez allé sur place reconnaitre le terrain. On vous a eu la dernière fois avec une entorse au pied donc là c’est rédhibitoire en général. Vous avez pu passer au-dessus puisque votre cheville a dégonflé. Mais qu’est-ce qui a été le plus dur dans cette expédition pour vous ?

 

Charles Hedrich : Bah le plus difficile c’est quand je me lève une nuit, j’arrive à peine à poser le pied par terre et que je sens que l’expédition n’est pas très loin de capoter, donc là je regarde un peu ce que je peux faire, j’ai 20 comprimés d’anti-inflammatoires, je peux également, tout de suite je regarde l’état de mes vivres, je vois que je peux éventuellement faire un stop de 5/6 jours mais pas plus. Je choisis finalement de continuer à avancer en réduisant les distances quotidiennes et pendant 3/4 jours au lieu de faire 40 ou 50 km par jour,  je suis tombé à 18 et puis à chaque pause je mettais mon pied le plus haut possible, en fait sur un bidon d’eau pour que l’enflure se résorbe. Au bout de 3/4 jours je suis arrivé à la stabiliser et au bout d’une semaine c’était bon, j’y pensais à peine.

 

Radio Cité Genève / Gilles Soulhac : vous êtes content d’avoir réalisé cette expédition, parce que vous en avez beaucoup d’autres à votre actif et vous en avez un certain nombre devant vous ? Pour vous c’est quoi la différence avec les autres expéditions ?

 

Charles Hedrich : Alors, bon moi tout me plaît à partir du moment où je suis en pleine nature sur une aventure, bah c’est ma passion. Quand en plus il y a une première ou un record de vitesse c’est vraiment la cerise sur le gâteau. Il se trouve qu’en matière de désert il y a absolument tout à faire dans le monde, en tout cas des tas de choses qui n’ont pas été faites en matière d’autonomie comme je l’ai dit, j’ai le gabarit, il se trouve que j’ai le gabarit quasiment idéal pour ce type d’expéditions

 

Radio Cité Genève / Gilles Soulhac : grand, sec, on le rappelle, grand et sec

 

Charles Hedrich : Voilà, en plus j’adore la dimension physique dans les expéditions, c’est vraiment un truc qui me motive à 100%, en plus il y a l’idée, parce que c’est deux choses un petit peu différentes, il y a à la fois la dimension physique mais il y a aussi, c’est quelque chose d’un petit peu différent, la rusticité nécessaire, l’adaptation ça me plait aussi beaucoup, et puis en plus, en plus, alors que j’ai pas l’impression d’avoir fait quelque chose d’extraordinaire le matériel, enfin le chariot en principale, que j’ai choisi d’emmener c’est vraiment quelque chose qui aujourd’hui, disons, est plus performant d’après moi que tout ce qui s’est fait en matière de désert et d’autonomie.

 

Radio Cité Genève / Gilles Soulhac : oui je me souviens on en parlait ensemble avant votre départ, vous hésitiez en le chariot de golf, le chariot qu’on met aussi derrière les bicyclettes et vous avez trouvé un outil que vous aviez à disponibilité ?

 

Charles Hedrich : Voilà et là, c’est un engin à 3 roues, déjà j’ai pas de brancard pour équilibrer le chariot, j’ai des roues gonflables qui passent très très bien même sur des terrains un petit peu mous et j’arrive à le tracter en montée quand le terrain est à peu près consistant, à peu près compacte sans trop de problèmes donc ça me permet d’avoir des tas de projets sur tous les déserts du monde.

 

Radio Cité Genève / Gilles Soulhac : alors justement l’un des déserts les plus délicats, les plus difficiles, même les deux déserts parce qu’ils se suivent, c’est en Chine, les plus connus au monde on se rappelle entre autres de la traversée Citroën en 1932 du désert de Gobi et du désert du Taklamakan. Vous projetez ces déserts peut-être dans l’avenir ou peut-être aussi des déserts comme ceux d’Australie Charles Hedrich et à pied, à vélo ? Comment exactement ?

 

Charles Hedrich : Alors oui le prochain ce sera probablement parce que là c’est clairement identifié, c’est le désert de Simpson en Australie. Là ce sera un record de vitesse. Il s’est déjà traversé 2 fois en autonomie, en 35 jours pour ce qui est de la traversée la plus rapide avec Louis-Philippe Loncke, c’est un belge, très fort en matière de désert, bon je pense que je peux, et on en a discuté ensemble, il est maintenant aussi convaincu que moi, je peux réduire on va dire je peux gagner au moins 10 jours sans aucun problème et puis après, a priori le Taklamakan ne s’est jamais traversée en autonomie, sa plus grande largeur c’est 1000 km et là je pense que je peux le traverser avec une très très forte probabilité de réussite.  Et il y en a d’autres…

 

Radio Cité Genève / Gilles Soulhac : bien sûr vous êtes sur les routes mythique en plus, les routes de la soie très connues qui étaient traversées avant pour pouvoir faire les échanges entre l’Asie centrale et la Chine. Charles Hedrich en tout cas merci de nous avoir partagé cette expédition. Vous avez un impact médiatique très important sur cette expédition, pour vous c’est important de faire rêver aussi, de faire toucher du doigt que l’on peut encore se dépasser aujourd’hui, dépasser ses propres limites ?

 

Charles Hedrich : Bah ça me plaît beaucoup. Pendant 6/7 ans, toutes les expéditions je les faisais en totale discrétion parce que les gens croyaient pas trop à mes histoires et puis là effectivement bah communiquer c’est important d’abord pour monter les projets aussi, il faut les financer, et puis effectivement l’aventure aujourd’hui il y en a des tas qui peuvent être faites et puis les aventures c’est très lié aussi à son niveau physique, on peut faire des choses extraordinaires quel que soit son âge à partir du moment où on est en bonne santé et par exemple, dans le désert d’Atacama, on peut tout à fait partir 4/5 jours en autonomie avec u chariot de même nature que celui que j’ai emmené avec évidemment moins de poids et faire des choses extraordinaires, qui ne vont pas être des exploits mais qui vont être absolument magnifiques dans des paysages fantastiques et avec des moyens physiques qui ne sont pas forcément si extraordinaires que ça

 

Radio Cité Genève / Gilles Soulhac : merci Charles Hedrich, on sait que vous partagez aussi avec des jeunes ces expéditions et ces rencontres. On aura l’occasion de vous retrouver certainement pour la suite puisque vous avez prévu 100 expéditions donc il y en a encore un certain nombre à votre actif et puis on se rappelle qu’on peut trouver toutes ces informations sur le site Internet de Respectons la Terre avec toutes les images et tout ce qu’il faut savoir, les images qui sont magnifiques. Merci Charles et à bientôt pour la prochaine expédition. Vous repartez pour le passage du nord-ouest, pour la fin de cette expédition, n’est-ce pas ?

 

Charles Hedrich : Voilà je repars cet été, j’attends que la banquise commence à fondre et puis je repars pour boucler le passage du nord-ouest. Donc il me reste 1000 km à faire sachant que pour l’instant j’en ai fait 5000 en 130 jours.

 

Radio Cité Genève / Gilles Soulhac : vous risquez de croiser un suisse qui s’appelle Raphael Domjan qui va le faire en aviron solaire aussi mais nous aurons l’occasion d’en reparler.

 

Charles Hedrich : Ah, à bientôt. Ah c’est lui qui part avec Anne Quéméré, non ?

 

Radio Cité Genève / Gilles Soulhac :  c’est ça, exactement.

 

Charles Hedrich : Ah oui d’accord, j’étais avec Anne Quéméré à Tuktoyaktuk l’an dernier.

 

Radio Cité Genève / Gilles Soulhac : Et bien voilà donc il repart effectivement. C’est lui avait fait le tour du monde PlanetSolar avec un bateau à énergie solaire et qui repart cette fois-ci avec un Kayak.

 

Charles Hedrich : Ah super

 

Radio Cité Genève / Gilles Soulhac : bonne rencontre peut-être sur la banquise

 

Charles Hedrich : Et bien super, donc j’espère. A bientôt

 

Radio Cité Genève / Gilles Soulhac : à bientôt

 

 

 

 
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