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LATERCERA

Domingo 7 de junio de 2015

 

CHARLES Hedrich, aventurero de profesión, se preparó para todo cuando organizaba su gran desafío de cruzar el desierto de Atacama en total autonomía. Tomó las precauciones para una posible lesión en la pierna, evitar picaduras de alacranes e incluso estaba dispuesto a beber su orina, después de pasarla por un artesanal sistema de purificación, si le faltaba agua. Pero nadie le habló de que en el desierto más árido del mundo una espesa neblina matinal le empaparía por completo los amaneceres.

 

“Tuve tres días de camanchaca”, relata; “durante el reconocimiento previo del terreno, después de ver las quebradas o cañones abruptos, suprimí muchas cosas de mi equipaje, mi carpa y una chaqueta. Pero por fortuna guardé un pantalón impermeable. Yo partí con la idea de que estaba en el desierto más seco del mundo y cuando me desperté a las dos de la mañana con el saco de dormir completamente mojado, y mis cajas y mi carro empapados, no lo podía creer. Lo único que atiné a hacer fue tomar mi teléfono satelital y llamar a mi guía para saber qué pasaba”.

 

Cada uno de los 32 días que duró su aventura, y con el objetivo de soportar 1.300 kilómetros de caminata a pleno sol, con comida y bebida restringida, el francés organizó su rutina a la inversa de los mortales: “Me ponía en movimiento a las dos de la mañana, lo que no quiere decir caminar inmediatamente. Antes levantaba el campamento y luego caminaba hasta el medio día. A esa hora hacía una pausa hasta las tres de la tarde y luego me ponía en marcha hasta las ocho de la noche. La noche es ideal para caminar. Aunque el sol sale a las ocho, hasta las diez aún está fresco. A eso de las 11 y 12, sin embargo, hace mucho calor. Y como tenía poca agua tenía que controlar mi consumo y evitar transpirar”.

 

Hedrich llevaba en un vehículo diseñado por él mismo a partir de un “carro a vela”, los ingredientes de un menú bastante seco y salado compuesto de manís, papas fritas y galletas de agua. Como grandes manjares, 40 gramos de queso parmesano, un poco de charcutería y 80 gramos de tallarines chinos fríos. “Cuando hace calor hay que comer muy salado porque se pierden muchos minerales. En el Himalaya, a causa de la altura se pierde el apetito, por tanto hay que llevar cosas que a uno le gusten para motivarse a comer. En las expediciones polares, con el frío, uno devora. Y en el cruce de los océanos a remo, que dura 140 días, una dieta como la de Atacama lleva a la desnutrición. Pero en 40 días en el desierto no había ese riesgo”.

 

Al repasar su aventura, Hedrich divide la ruta en tres partes. Unos 500 kilómetros iniciales de “magníficos oasis”; luego 500 kilómetros donde no hay ningún tipo de vida, y al final, unos 300 kilómetros plagados de minas. En el primer tramo Hedrich vio a las pocas personas con que se toparía en su ruta: “Al salir de Arica, me crucé con un ciclista que iba desde Argentina hacia el sur. Y luego con un grupo de militares en ejercicio nocturno. Yo llevaba unos 300 kilómetros, y de repente los escuché gritar. Pero ellos estaban aún más sorprendidos que yo. Me preguntaron qué comía y cómo dormía. Les expliqué que tenía una pala para cavar en la tierra y que y que sólo había guardado conmigo una especie de mosquitero que me protegía del viento”. Hedrich no necesitó beber su orina: “En la primera parte había más oasis de los que calculé. Hasta Quillagua, en cada quebrada hay un pequeño río. Además, fui más rápido de lo previsto. Pensaba pasar 40 o 50 días en el desierto y finalmente terminé en 32. Por otra parte, el aluvión de Copiapó me permitió contar con agua al final. Y si bien tuve hambre, menos sed de la que pensé”.

 

El aventurero no se sintió agobiado por la soledad: “Al comienzo pensaba sólo en avanzar, comer, beber, recuperar, dormir y encontrar una rutina, una buena gestión del tiempo. También pasé mucho tiempo calculando el consumo de agua ideal. Y cuando comencé a sentirme cómodo, a tener la cabeza para pensar en otra cosa, tuve un esguince y ésa pasó a ser mi mayor preocupación. La mejor muestra de que estuve ocupado es que llevé algunos libros electrónicos que nunca leí”.

 

Después de Chile, Hedrich pretender encarar el desierto de Simpson en Australia y luego el Taklamakán en China. La península arábica, Sudáfrica o Namibia, están también entre sus destinos a largo plazo. “Atacama es hermoso. Me di cuenta de que tengo la estructura perfecta para una excursión así; soy alto y peso casi 100 kilos. Una persona de 65 kilos no podría tirar un carro de 150 kilos”, sentencia.

 

 

TRADUCTION

 

Charles Hedrich, aventurier de profession, s’est prépare à tout quand il a organisé son grand défi de traverser le désert d'Atacama en totale autonomie. Il a pris des précautions pour une blessure à la jambe du possible, d'éviter les piqûres de scorpion et même était prêt à boire sa propre urine, après l’avoir passée dans un système de purification artisanal, si l'eau manquait. Mais personne n'a dit que dans le désert le plus aride au monde un épais brouillard matinal le tremperait complètement jusqu’au lever de soleil.

 

« J'y ai eu trois jours de brouillard bas, » dit-il ; « « après une première reconnaissance du terrain, après avoir vu les ravins ou canyons escarpés, j’ai retiré beaucoup de choses dans mes bagages, ma tente et la veste. Mais heureusement, j’ai gardé un pantalon imperméable. Je suis parti avec l'idée que j’étais dans le désert le plus aride au monde, et quand je me suis réveillé à deux heures du matin avec un sac de couchage complètement mouillé et mes boîtes et mon chariot trempés, je ne pouvais pas le croire. La seule chose que je réussi à faire était de prendre mon téléphone satellite et d’appeler mon routeur pour savoir ce qui arrivait ».

 

Chacun des 32 jours que son aventure a duré, et dans le but de soutenir les 1300 kilomètres à pied sous le soleil, avec de la nourriture et des boissons limités, le français a organisé sa routine en sens inverse aux mortels : « Je me mettais en marche à deux heures du matin, ce qui ne veut pas dire marcher immédiatement. Avant, je levais le camp, et ensuite je marchais jusqu'à midi. A cette heure-là, je faisais une pause jusqu’à trois heures de l’après-midi et ensuite je me remettais en marche jusqu’à huit heures du soir. La nuit est idéale pour marcher. Bien que le soleil se lève à huit heures, jusqu’à dix heures il fait encore frais. Aux environs de 11 / 12 heures, cependant, il fait très chaud. Et comme j’avais peu d'eau, je devais dû contrôler ma consommation et éviter la transpiration. »

 

Hedrich transporté dans un véhicule conçu pour lui-même à partir d'un « char voile » les ingrédients d'un menu très sec et salé composé d'arachides, chips et crackers. Comme grands délices, 40 grammes de parmesan, un peu de charcuterie et 80 g de nouilles chinoises froides. « Quand il fait chaud, il faut manger plus salé parce qu’on perd beaucoup de minéraux. En Himalaya, à cause de l’altitude on perd l’appétit, il faut donc prendre des choses qu’on aime pour se motiver à manger. Dans les expéditions polaires, avec le froid, on dévore. Et pendant l’aller-retour de l’Atlantique à la rame qui a duré 140 jours, un régime alimentaire comme celui de l’Atacama aurait conduit à la malnutrition. Mais en 40 jours dans le désert, il n’y avait pas de tel risque ».

 

Lors de l'examen de son aventure, Hedrich divise la route en trois parties. Les 500 premiers kilomètres de « magnifiques oasis » ; puis 500 kilomètres où il n'y a pas aucun signe de vie, et à la fin, environ 300 kilomètres avec des mines. Dans la première section, Hedrich a vu quelques personnes qu'il a rencontrées sur sa route « En sortant d’Arica, je suis tombé sur un cycliste en provenance de l'Argentine au sud. Et ensuite un groupe de soldats en exercice nocturne. J’avais fait à peu près 300 kilomètres, et tout à coup j’entends crier. Mais ils étaient encore plus surpris que moi. On m'a demandé ce que je mangeais et comment je dormais. Je leur ai expliqué que j’avais une pelle pour creuser dans la terre et que j’avais gardé avec moi une espèce de moustiquaire pour me protéger du vent ». Hedrich n'a pas eu besoin de boire son urine, « Dans la première partie, il y avait plus d'oasis que ce que je pensais. Jusqu'à Quillagua, dans chaque canyon il y a un petit rio. En plus, j’ai fini plus vite que prévu. Je pensais passer en 40 ou 50 jours dans le désert et finalement j’ai terminé en 32. En outre, l'inondation de Copiapo m'a permis d'avoir de l'eau à la fin. Et même si j’avais faim, j’avais moins soif que je pensais ».

 

L'aventurier ne s’est pas senti dépassé par la solitude : « Au début, je ne pensais qu'à avancer, manger, boire, récupérer, dormir et trouver une routine, une bonne gestion du temps. J’ai passé aussi beaucoup de temps à calculer la consommation de l'eau idéale. Et quand j’ai commencé à me sentir à l’aise,  à pouvoir penser à autre chose, j’ai eu une entorse et c’est devenu ma plus grande préoccupation. Le meilleur exemple que j’étais occupé est que je n’ai lu aucun des livres électroniques que j’avais emmené ».

 

Après le Chili, Hedrich prétend aborder le désert de Simpson en Australie, puis le Taklamakan en Chine. La péninsule arabique, l'Afrique du Sud et la Namibie, sont également parmi ses destinations le long terme. «  Atacama est beau. J’ai compris que j’avais le physique parfait pour un voyage comme celui-ci ; Je suis grand et je pèse presque 100 kilos. Une personne de 65 kilos ne pourrait pas tirer 150 kilos », juge-t-il.

 

 

 

 

 

 
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