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11.03.16 - Où est Charlie ? En Somalie avec Radio Nova Version imprimable Adresse Email

 

 

 

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Et pendant ce temps là …

C’est parti pour la Pierra Menta ! La course de référence en ski-alpinisme a commencé mercredi 9 mars. Au programme 2016, 1000 mètres de dénivellation positive et négative pour 4 jours de course. Pour rappel : en 2011, Charles Hedrich et Marc Rosaz étaient Finisher de la 26e édition. http://www.pierramenta.com/index.php

 

 

 

Où est Charlie ?

En Somalie avec Radio Nova

 

Charles Hedrich : Aujourd’hui je suis au Cap Gardafui en Somalie. C’est la pointe de terre qui forme le sommet de la corne de l’Afrique.

 

Radio Nova / Elodie Font : Bonjour Charles Hedrich

 

Charles Hedrich : Bonjour

 

Radio Nova / Elodie Font : et qu’est-ce que tu fais là-bas ?

 

Charles Hedrich :  alors c’est le point de passage obligé entre l’océan indien et l’entrée dans la mer rouge. Je suis passé là-bas, alors officier de marine marchande, sur un porte-containers sur la route de l’Orient.

 

Alors, c’est un cimetière maritime. Les navires sont venus se fracasser à la côte pendant des siècles sur cette zone de navigation dangereuse. Les équipages et les navires étaient ensuite pillés par les tribus sauvages de la région.

 

Radio Nova / Elodie Font : et là, on est en quelle année, là ?

 

Charles Hedrich : Alors ça c’est pendant des siècles et maintenant on est en 2008, parce que la zone est toujours très dangereuse parce que le piratage perdure. Cette tradition malheureuse est toujours d’actualité.

 

En 2008, le Ponant, c’est un trois-mâts de 88 mètres, un bateau de croisière français, il revient des Seychelles. La nuit, il navigue tous feux éteints. Le 4 avril, le commandant Marchesseau détecte à la jumelle un bateau stoppé en travers de la route. Il donne un léger coup de barre à droite pour s’écarter mais deux embarcations rapides quittent le bateau de pêche avec à bord une douzaine de pirates somaliens armés jusqu’aux dents avec fusils d’assaut AK 47, et des lance-roquettes. Les 30 personnes du Ponant tentent de résister avec les lances d’incendies mais finalement ils se rendent. L’équipage est pris en otage.

 

Radio Nova / Elodie Font : y’a pas de morts, hein ?

 

Charles Hedrich : Dans un 1er temps, il n’y a pas de morts.

 

Radio Nova / Elodie Font : d’accord.

 

Charles Hedrich : Tous les navires de guerre sur la zone sont mobilisés. Un hélicoptère des forces canadiennes confirme l’attaque. Une réunion de crise se tient à l’Élysée. De très grands moyens militaires sont mis en œuvre. Par exemple, un avion part de Djibouti, à côté, parachute des forces spéciales, le chef du GIGN même est largué en mer pour diriger les opérations. Mais les risques sont tellement élevés pour les otages en cas d’intervention militaire que rien n’est mis en œuvre.  7 jours après l’attaque, une rançon est versée, sans doute plus de 2 millions de dollars. La transaction a lieu en mer entre 3 militaires et 3 pirates.

 

L’équipage du Ponant est libéré sain et sauf. Le commandant Marchesseau finit par sauter en mer. Les pirates rejoignent la côte somalienne et s’enfuient en 4x4. Des hélicoptères français stoppent un véhicule, récupèrent une partie de la rançon et capturent 6 présumés pirates. En 2012, après un procès, 2 d’entre eux sont acquittés et obtiennent 90 000 euros pour détention abusive et préjudice moral.

 

Radio Nova / Elodie Font : parce qu’on n’a pas réussi à prouver leur implication ?

 

Charles Hedrich : A priori certains d’entre eux ont été condamnés mais 2 d’entre eux se trouveraient mal, auraient été là, un petit peu par hasard. Et, cet été, à la rame, j’ai croisé dans les glaces du Grand Nord, Patrick Marchesseau, commandant un autre bateau des croisières du Ponant.

http://www.novaplanet.com/radionova/podcast-ou-est-charlie

 

 

 

 
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