Français
27.01.17 - L'Arctique : un objet de convoitises Version imprimable Adresse Email

 

http://www.charleshedrich.com/images/NL2017/nl%20270117%20image.png

 

Pendant ce temps là…

Luc Dupont continue son tour du Monde à la voile. Le 17 janvier, il était au milieu du détroit de Bass (King Island) avec un message qui plante le décor : « Ralentir, passage de pingouins toutes les nuits... ».

Charles Hedrich sera à Paris dimanche 29 et lundi 30 janvier, puis à Genève du 1er au 5 février, pour présenter son film « Sur tous les terrains du Monde » sur le réseau Connaissance du Monde.

 

 

L’Arctique : un objet de convoitises

 

 

La fonte de la banquise : pas qu’une mauvaise nouvelle ?!

Si l’Arctique est la 1ère victime du réchauffement climatique (les travaux du GIEC montrent que depuis 2002, il y est 2 fois plus rapide que dans le reste du Monde), il est également de ce fait l’objet de 2 grandes convoitises : 1/ l’exploitation des ressources (minières, forestières et énergétiques), notamment le pétrole (s’y trouverait 13% des ressources mondiales) et le gaz (30%) ; 2/ l’exploitation de nouvelles routes maritimes (les passages du Nord-Ouest et Nord-Est). Problème : nombreux sont ceux qui souhaitent en profiter. En 1ère ligne, les 6 pays frontaliers : la Russie, les États-Unis, le Canada, la Norvège, l’Islande et le Groenland. Alors à qui va profiter ces nouvelles ressources ? La « course vers l’Arctique » a commencé ! Bref tour d’horizon des principaux acteurs…

 

La Russie : 1ère à passer à l’offensive

C’est en 2001 qu’elle a initié sa stratégie de conquête en déposant auprès de l’ONU un dossier revendiquant 1,2 million de km² du territoire Arctique. Outre l’avantage stratégique que cela lui accorderait quant au contrôle du passage commercial Nord-Est, cette zone renfermerait 4,9 millions de tonnes d’hydrocarbures. Sans succès. La suite c’est en 2007 : un drapeau russe est planté à 4 200 m de profondeur dans les eaux arctiques. Puis en 2015, elle a redéposé son dossier auprès de l’ONU. Des actions couplées à une très forte militarisation sur place. C’est-à-dire ? Réactivation de certaines bases militaires soviétiques, présence renforcée sur le territoire, développement de la flotte naval et formation de brigades spécialisées.

 

Les États-Unis dans la course

 « Notre esprit pionnier est naturellement attiré vers cette région pour les opportunités économiques qu’elle présente et en reconnaissance de la nécessité de protéger et de préserver cet environnement unique, précieux, et changeant », déclarait Barack Obama en 2013. Résultat, les États-Unis mènent une double action sur le terrain : d’un côté, différents programmes ont été mis en place comme ABoVE (Arctic Boreal Vulnerability Experiment) lancé en 2015 par la NASA et, de l’autre, ils ont frappé un grand coup en donnant en 2012 (puis en la renouvelant en 2015) l’autorisation à Shell de forer à la recherche de ressources dans l’océan arctique. À suivre… En attendant, face à la militarisation russe, les États-Unis se sont eux aussi déployés sur le terrain via des bases navales et aériennes.

 

Le Canada n’est pas en reste

Il considère que les eaux des détroits font partie des eaux intérieures et relèvent de sa seule souveraineté. Problème : l’Europe, et surtout les États-Unis, réfutent cette position. Pour eux, il s’agit de détroits internationaux dans lesquels s’applique la liberté de passage. Résultat, depuis 2002, le Canada a renforcé sa présence sur zone : déploiements militaires, lancement d’un satellite d’observation, construction d’une base navale à Nanisivik, mise en chantier de frégates de patrouille, dépôt d’une demande d’extension de sa zone auprès de l’ONU…

 

La Chine avance ses pions

Que fait la Chine dans cette course ? Elle y trouve des intérêts économiques stratégiques, par exemple l’ouverture des passages commerciaux Nord. En 2012, elle a donc investi dans un consortium d’entreprises islandaises (Arctic Services). Mais ce n’est pas tout. En 2014, une société pétrolière chinoise a obtenu l’autorisation du gouvernement islandais d’effectuer des recherches pétrolières et gazières dans l’Arctique. Les Chinois financent également des explorations minières au Groenland.

 

Que prévoit le droit international ?

Personne ne possède l’Arctique, il est considéré comme international. La souveraineté des États limitrophes est limitée à 200 milles (environ 370 km) de ses côtes. Chaque État peut revendiquer l’extension de sa zone dans une limite de 350 milles (650 km) s’il démontre les limites de son plateau continental qui s’étend sous les eaux à partir d’études géologiques.

 

 

 

 

 
< Précédent   Suivant >
 
up
up