23.06.17 - Antarctique, les "cascades de sang"

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PENDANT CE TEMPS-LÀ…

La 1ère (d’une longue série) course en relais par équipe Respectons la Terre aura lieu le week-end prochain au Lac de la Liez. Au programme, du sport, du sport et du sport : 2 fois 3 km de rame, 2 fois 14 km de vélo et 2 fois 5 km de course à pied. Les équipes, composées de 6 personnes, se disputeront la tête du classement dans la bonne humeur. Alors si vous avez envie d’y participer, rien de plus simple : envoyez-nous vos coordonnées par mail à Cet e-mail est protégé contre les robots collecteurs de mails, votre navigateur doit accepter le Javascript pour le voir . Inscription gratuite, aviron et vélo fournis.

 

 

 

Antarctique

« Les Cascades de sang »

 

 

 

C’est quoi ?

Imaginez l’Antarctique : du blanc partout… et au milieu de ce paysage des coulées rouge sang. Le contraste est saisissant ! C’est dans les vallées sèches de McMurdo, au niveau des sources du glacier Taylor, que l’on peut admirer ce phénomène unique.

 

Un peu d’Histoire…

C’est en 1911, lors de l’expédition Terra Nova (officiellement la British Antarctic Expedition), que Thomas Griffith Taylor (géologue, géographe et anthropologue britannique) découvre un endroit très spécial : ces « cascades de sang » (Blood Falls en anglais). Cette expédition menée par Robert Falcon Scott est une des plus marquantes de ce qu’on appelle « l’âge héroïque de l’exploration en Antarctique » (1895-1922).

 

On connaissait déjà la recette !

Une étude publiée en 2003 par l’Ohio State University a permis de connaître ses ingrédients : « les hydroxydes de fer, peu solubles, se déposent après que les ions ferreux, présents dans l’eau roche en sel, se sont oxydés au contact de l’oxygène atmosphérique ». En bref, du fer dissous dans l’eau et oxydé au contact de l’air ! Mais quelle en est l’origine ?

 

Le mystère enfin percé !

Il aura fallu attendre 106 ans pour connaître le fin mot de l’histoire ! L’équipe de scientifiques du Colorado College et de l’université d’Alaska Fairbanks menée par Jessica Badgeley a levé le voile : tout part d’un réservoir d’eau salée située sous le glacier. « Nous savions qu’il y avait un écoulement d’eau salée qui créait la cascade […] Le mystère qui demeurait, c’était le lien entre cette source et l’écoulement », ont-ils expliqués.  Car même s’il y a du sel, cela ne suffit à empêcher la glacialisation de cette eau rouge. La réalité c’est que cette eau arrive à se réchauffer elle-même ! « Quand l’eau passe par la phase où elle passe de l’état liquide à l’état solide, cela dégage de la chaleur, c’est juste de la chimie basique. Dans le cas de l’eau salée qui traverse le glacier Taylor, la chaleur qui est dégagée par la part d’eau salée qui gèle suffit à maintenir l’écoulement du reste » (Cf. Popular Science). Les chercheurs ont donc tracé (à l’aide d’ondes radio et d’un robot), l’origine de cet écoulement : l’eau reste chaude sous le glacier et lorsque les crevasses se créent, la pression la fait remonter, prête à surgir lorsque la surface craque.

 

La fonte des glaces accélérée ?

Du liquide « rouge » à des températures polaires très inférieures à 0°C comme c’est le cas en Antarctique, laisse présager un réchauffement climatique plus rapide que prévu. L’étude menée par Jessica Badgeley conclut : « L'existence d'un système hydrologique actif dans le glacier de Taylor a de grandes incidences sur les systèmes glaciaires de la région. De tels systèmes hydrologiques sous la glace peuvent avoir pour conséquences des glissements, une glace plus molle et une fonte accélérée ».  À suivre…